Londres 2012: L'arbitrage, l'autre ennemi du boxeur amateur

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Publié le 30 juillet 2012.

JO - Quatre ans après les scandales d'arbitrage de Pékin, les boxeurs tricolores sont sur leur garde...

De notre envoyé spécial à Londres,

«Je veux montrer que je sais faire autre chose que pleurer». Quatre ans après ce que la délégation française de boxe considère toujours comme «un vol», Alexis Vastine a séché ses larmes. Pour lui comme pour ses camarades, la peur de voir un arbitrage déloyal les priver d’une victoire plane encore. Parce qu’aussi étrange que cela puisse paraître, le noble art a bien un point commun avec le patinage artistique: la subjectivité du comptage des points. «Nous, quand on monte sur un ring, on se bat contre l’adversaire mais aussi contre l’arbitrage», souffle Jérémy Beccu, aligné chez les 48kg.

Ce qui normalement devrait un être un calcul mathématique – une touche, un point – relève plus du flou artistique. «Ca ne pourra pas être mathématique tant que des êtres humains appuient sur la gâchette», répond le poids léger Rachid Azzedine (60kg). Histoire d’anticiper un peu, toute la délégation est allé inspecter de visu comment les points étaient comptés un jour avant de monter sur le ring. Sans s’en faire une montagne: «Je suis venu ici pour me donner à fond et ne rien avoir à regretter. Mais je crois que c’est toujours la même chose», regrette Nordine Oubaali (52kg)

Vastine: «C’est fréquent, et ils ont toujours moyen de faire ce qu’ils veulent»

Pourtant, depuis les scandales à répétition des jeux de Pékin, entre incompétence et copinage, le ménage a été entamé chez les arbitres. «Il semblerait que les 35 juges choisis aient été triés sur le volet. Il y a aussi une nouvelle scoring-machine. Celui qui pianote trop est rejeté, comme celui qui ne pianote pas assez. On ne garde que trois juges sur cinq et ont fait une moyenne», explique jean Savarino, le coach de l’équipe de France. «Comparé à il y a quatre ans, il y a beaucoup moins de vols. Les juges sont plus surveillés et donc plus honnête», assure Jérémy Beccu.

Mais on est encore loin de l’objectivité la plus totale. «Il y a un mois, j’étais au Venezuela, je boxe un Vénézuélien, et voilà, ça a été la même chose. C’est fréquent, et ils ont toujours moyen de faire ce qu’ils veulent», regrette Vastine. Qui espère bien se faufiler entre les juges jusqu’à l’or. «Aujourd’hui encore, j’ai des messages de sympathie par rapport à ça sur Facebook, assure le blondinet au sourire ultra-bright. Les gens me disent que maintenant, je le mérite, parce qu’il y a quatre ans, je me suis fait voler. Mais ça fait partie de moi, c’est ce qui m’a mis en lumière, ça a fait ma notoriété, mon histoire». Sûrement pas au point d’avoir envie de pleurer quatre ans plus tard.

 

Antoine Maes

 

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