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Publié le 30 juillet 2012.

JO / NATATION - Les Français du 4X100m décrochent le titre olympique devant les Etats-Unis quatre ans après avoir été battus par cette équipe...

De notre envoyé spécial à Londres,

Tous les quatre ans, Français et Américains se donnent donc rendez-vous dans une piscine olympique. Tous les quatre ans, ils emballent la course reine des Jeux pour terminer en tête à tête et s’expliquer dans la dernière ligne droite. Tous les quatre ans, il y est question d’un retour de nulle part et d’un nageur qui profite d’une vague. Mais cette fois, les battus ne sont pas les même qu’à Pékin. Les cris, les embrassades et les poings aux ciels sont pour les relayeurs français, Amaury Leveaux, Fabien Gilot, Clément Lefert et Yannick Agnel, quatre nageurs qui en un peu moins de quatre minutes ont écrit dimanche une page de l’histoire du sport français.

Le scénario de cette course suffocante donne forcément un peu plus d’éclat à cette médaille d’or arrachée au forceps par Yannick Agnel, le finisseur, au cou de Ryan Lochte. «C’est un peu une revanche sur la course d’il y a quatre ans, souffle Amaury Leveaux, argenté à Pékin. «Une vengeance magistrale, une vendetta», s’emballe Fabrice Pellerin, le coach des Niçois désormais si calme. Même Lionel Horter, entraîneur national, avouait la voix chevrotante qu’il y avait une certaine jouissance à voir le quatuor français monter sur la plus haute marche devant leurs anciens bourreaux.

On s’est regardé, on s’est dit: «On n’a rien à perdre.»

«Ils nous ont fait tellement de mal, fait faire tant cauchemars, ça fait plaisir, poursuit Horter. Ce qu’on a vécu dans le camp ça a été une explosion de joie. Parce que derrière ça il y a plein de choses.» Des frustrations, des polémiques. Sur l’ambiance entre les nageurs et l’idée déprimante que ce relais n’était peut-être pas fait pour gagner. «Juste avant de partir, Clément (Lefert) m’a dit, «ça va être dur le podium…», raconte son coach qui met cette victoire sur le compte d’une décontraction générale de l’équipe.

Pour une fois, le 4X100m français a abordé sa course sans pression, sûrement contaminés par le relâchement naturel d’un Amaury Leveaux: «J’étais avec Fabien Gilot l’après-midi avant la course. On s’est regardé, on s’est dit: «On n’a rien à perdre.» On est arrivés au self. On a vu les Américains et les Australiens tendus, ils avaient la mine blanche. On s’est dit: «Allons y à la cool comme on sait faire.» Et ça marche pas mal. A force de perdre aussi…»

Pour tout le collectif français, cette victoire marque la concrétisation d’un travail entamé depuis plusieurs années autour d’une génération dorée. Elle récompense aussi le travail d’une DTN qui a su instaurer une culture d’excellence, et bâtir une équipe de France capable de gagner. Il est parfois bon de le rappeler.

Romain Scotto, à Londres
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