Gustav Klimt au-delà de la «Klimtomania»

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Publié le 18 juillet 2012.

CULTURE - L'année 2012 marque le 150ème anniversaire de la naissance de l'illustre peintre autrichien. Vienne lui consacre pas moins de neuf expositions, surfant sur la «Klimtomania» dont un documentaire diffusé ce mercredi soir sur Arte se détache...

Peut-être avez-vous un magnet Klimt sur votre frigo. Ou au moins un fond d’écran, une affiche dans votre chambre, quelques cartes postales. Normal, Klimt est partout. Et encore plus cette année, pour l’anniversaire de sa naissance. Adulé de tous aujourd’hui, le génie autrichien, chef de file de la Sécession viennoise, qui répandit l’Art Nouveau en plein Empire austro-hongrois, était pourtant très décrié de son vivant. Petit portrait en quelques mots, à l’occasion de la diffusion du documentaire Mystérieusement Klimt sur Arte.

Secret

Personne n’a jamais vu peindre Klimt. Il passait huit à neuf heures par jour dans son atelier sans que personne ne sache ce qu’il s’y passait, et considérait toute intrusion impromptue comme une atteinte à son intimité. Le même mystère plane sur ses amours. Quelle relation eut vraiment celui qui était aussi le père de quinze enfants, avec la créatrice de mode Emilie Flöge, à laquelle il écrivait jusqu’à huit fois par jour et dont un portrait de 1902 a immortalisé le visage? 

Vilipendé

S’il est aujourd’hui l’enfant chéri de l’Autriche, de son vivant Klimt n’a cessé d’être vilipendé par la critique conservatrice et la presse moralisatrice. On lui reprochait notamment son approche très crue de l’érotisme et de la sexualité. Erotisme qui selon la spécialiste de Klimt Marian Bisanz-Prakken revêtait pourtant toujours une «dimension sacrée» à ses yeux. Plus généralement, sa vision fataliste d’un monde prisonnier du malheur choquait la bourgeoisie viennoise. L’une de ses œuvres les plus connues réalisée en 1902, la frise de Beethoven du Pavillon de la Sécession a même été protégée d’une pancarte «Interdit d’entrée aux femmes de moins de 18 ans», révèle le documentaire.

Doré

D’où vient l’attrait de Klimt pour l’or, qu’il a tant utilisé dans ses tableaux, surtout à partir de 1902? La réponse est à trouver dans un des rares voyages de l’artiste, à Venise. C’est après avoir découvert la profusion d’or sur les plafonds de la basilique Saint-Marc que l’artiste s’est lancé dans son fameux «Cycle d’Or». Il l’entame avec Les Serpents d’Eau, le Portrait d’Adele Bloch-Bauer et Danaé, tous empreints d’un caractère sacré propre aux icônes byzantines. Klimt a toutefois abandonné l’or après son départ de la Sécession en 1908. 

Adoré

Hasard de calendrier, le 15 juillet, un jour après l’anniversaire de la naissance de l’artiste, un tableau dont il serait l’auteur est retrouvé dans un garage. L’enthousiasme qui entoure cette découverte alors qu’il s’agirait d’une œuvre mineure de l’artiste est significatif. Gustav Klimt est l’un des artistes les plus côtés sur le marché de l’art, tout nouveau tableau vaut potentiellement de l’or. En 2006, son célèbre portrait d’«Adele Bloch Bauer I» est acheté 135 millions de dollars par le milliardaire Ronald Lauder. Un record pour l’artiste. Comme on ne trouve plus aucune œuvre de sa période dorée sur le marché, ce sont ses autres œuvres qui s’arrachent à prix d’or. Mais contrairement à Van Gogh, autre champion des ventes aux enchères qui a lui eu une vie de misère et une gloire posthume, Klimt était déjà de son vivant un artiste parmi les plus chers, nous apprend Mystérieusement Klimt.

Annabelle Laurent
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