Un Français proche de Bo Xilai retourne en Chine pour aider l'enquête

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Publié le 18 juillet 2012.

Le Français Patrick Devillers, arrêté au Cambodge à la demande de Pékin qui voulait l'interroger dans le cadre du scandale frappant le haut responsable chinois Bo Xilai, est parti pour la Chine volontairement pour aider l'enquête sur cet apparatchik aujourd'hui en disgrâce.

L'architecte de 52 ans, qui a vécu des années en Chine, avait été arrêté le 13 juin à Phnom Penh sans être officiellement poursuivi pour quoi que ce soit, ce qui avait poussé Paris à réclamer des éclaircissements et un "fondement juridique" clair à toute poursuite.

Phnom Penh avait également demandé des "preuves" à son fidèle allié chinois et annoncé fin juin le garder en détention en attendant les suites de l'enquête. Les deux pays ont un traité d'extradition qui permettait au Cambodge de le garder pendant 60 jours.

Le Français, qui entretenait des liens d'affaires et d'amitié avec Bo Xilai, dont l'affaire secoue le Parti communiste chinois (PCC) depuis plusieurs mois, a finalement été libéré lundi, sur requête de la Chine qui a renoncé à sa demande d'extradition, a indiqué à l'AFP le chef adjoint de la police nationale Sok Phal.

Il est parti mardi soir pour Shanghai "de son plein gré", expliquant qu'il "allait là-bas pour être un témoin", a-t-il ajouté.

La France a confirmé ce départ volontaire.

"M. Devillers nous a fait part à plusieurs reprises (...) de son souhait de se rendre volontairement en Chine pour collaborer avec la justice chinoise", a déclaré mercredi le porte-parole du ministère des Affaires étrangères Bernard Valero.

"Il a précisé à notre ambassadeur avoir obtenu des autorités chinoises un certain nombre de garanties", a-t-il ajouté, notant que M. Devillers continuerait à bénéficier de la protection consulaire de la France en Chine.

Le porte-parole français n'a pas donné de détails sur ces "garanties". Mais selon le ministre cambodgien de l'Information Khieu Kanharith, Pékin a assuré que l'architecte, qui vit au Cambodge depuis quelques années, pourrait y revenir dans les 60 jours "s'il n'y a pas de problèmes".

"Alors nous attendons de voir si la Chine tient sa promesse", a-t-il ajouté devant la presse.

La semaine dernière, un autre responsable cambodgien avait indiqué que Pékin avait demandé au Français d'aller coopérer avec la justice chinoise, en promettant qu'il ne serait pas poursuivi.

Le scandale Bo Xilai est très mal venu et met à mal la façade d'unité que tente de présenter le parti unique, à quelques mois du congrès quinquennal.

Le patron de la municipalité géante de Chongqing a vu sa carrière brisée après avoir été suspendu au printemps du Bureau politique et du Comité central du PCC.

Il est visé par une enquête interne pour corruption et son épouse Gu Kailai, une avocate renommée, est suspectée du meurtre d'un Britannique avec lequel elle et Bo avaient des relations d'affaires.

La chute vertigineuse de Bo est venue de son ancien bras droit Wang Lijun, "superflic" de Chongqing, qui a tenté de demander l'asile au consulat américain de Chengdu après avoir apparemment livré des informations impliquant la famille de Bo dans le meurtre du Britannique.

© 2012 AFP
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