Quelques dizaines de prostitué(e)s défilent contre Vallaud-Belkacem à Paris

2 contributions
Publié le 7 juillet 2012.

PARIS - Quelques dizaines de prostitués, hommes et femmes, ont défilé samedi à Paris pour dénoncer la volonté affichée de la ministre des Droits des femmes Najat Vallaud-Belkacem d'abolir la prostitution en France et de pénaliser les clients.

"Elle ne peut pas représenter les femmes avec des idées pareilles", "Nous ne sommes pas des inadaptées sociales, nous sommes juste des êtres humains qui réclamons des droits", a déclaré Cloé Navarro, responsable du Strass (Syndicat du travail sexuel) qui revendique 500 adhérents.

"Le travail sexuel n'est pas attentatoire à la dignité des femmes", affirme un tract du Strass, pour qui "pénaliser les clients fait le jeu des mafias".

Défilaient également des militants d'Act Up brandissant des banderoles : "Pénalisation du client, le PS fait le jeu du sida" ou "Répression = contamination".

Si elle devait être votée, "c'est une loi qui va précariser encore plus les prostitués et qui les expose à l'épidémie du sida, entre autres", a déclaré Kamel El Djatou, responsable d'Act Up Paris.

Le Strass et Act up demandent la démission de Mme Vallaud-Belkacem.

Parti de la place Clichy à Paris, le cortège s'est dirigé vers la rue Saint-Denis, scandant, "on est putes, on est fières, Belkacem, c'est la guerre", ou entonnant "Belkacem, si tu savais, nos clients où on se les met".

"C'est le plus vieux métier du monde. On fait ce qu'on veut de notre corps", estime Madonna, regrettant que Mme Vallaud-Belkacem "copie sur la droite".

Soutien de féministes

Certaines prostituées ont fait le déplacement de l'étranger par solidarité, comme Maria, venue du Canada, ou Lisa, de Genève.

Des manifestations similaires ont été organisées vendredi à Lyon et Toulouse.

Najat Vallaud-Belkacem a reçu samedi le soutien de féministes et de personnalités favorables à "l'abolition" de la prostitution, dans une tribune publiée par Mediapart.

Les signataires saluent le courage de la ministre et déplorent que "la position abolitionniste a souvent été caricaturée, voire déformée".

"Cette levée de boucliers", selon les signataires est "à la mesure de l'enjeu: le +droit+" séculaire que s'octroient certains hommes de se payer une femme - ou un garçon - quand l'envie leur en prend".

La tribune est signée notamment par Sylviane Agacinski (philosophe), Nicole Castioni (femme politique franco-suisse et ancienne prostituée) et Thalia Breton (porte-parole d'Osez le féminisme).

Il y a deux semaines, la ministre des Droits des femmes avait expliqué que son "objectif, comme celui du PS, c'est de voir la prostitution disparaître", même si elle avait reconnu qu'il s'agissait là d'"un chantier de long terme".

Vendredi, interrogée sur la position de sa collègue du gouvernement, la garde des Sceaux Christiane Taubira avait répondu que la loi punissait "déjà le proxénétisme". "C'est le Premier ministre qui arbitrera sur cette question", avait-elle souligné.

En 2010, la France comptait au moins 18.000 à 20.000 prostitué(e)s de rue, les autres formes de prostitution (escort, internet, salons de massage, etc.) n'étant pas chiffrées, selon la fondation Scelles, association pro-abolition. D'après un rapport parlementaire d'avril 2011, il s'agit pour 80% de femmes et pour 80% de personnes étrangères.

© 2012 AFP
Newsletter
BREAKING NEWS

Recevez nos alertes
info en temps réel

publicité
publicité
publicité
publicité
Les dernières contributions

Chargement des contributions en cours

Réagissez à cet article
Vous souhaitez contribuer ? Inscrivez- vous, ou .
Confirmer l'alerte de commentaire
Annuler
publicité
publicité
Se connecter avec Facebook
S'identifier sur 20minutes.fr