Crash du Rio-Paris: publication du rapport final sur les causes

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Publié le 5 juillet 2012.

PARIS - Les enquêteurs français vont dévoiler jeudi leurs conclusions définitives sur les causes de l'accident du vol Rio-Paris d'Air France, l'une des plus graves catastrophes de l'aviation française survenue le 1er juin 2009.

Le crash d'un Airbus A330 qui s'était abîmé dans l'océan Atlantique au large du Brésil, avait coûté la vie aux 228 passagers et membres d'équipage.

Défaillances techniques? Erreur humaine? Le Bureau d'enquêtes et d'analyses (BEA), organisme d'Etat français chargé des investigations en matière de sécurité aérienne, livrera son scénario des quatre dernières minutes du vol AF447 ainsi que ses recommandations de sécurité pour qu'un tel drame ne se reproduise pas.

Si le point de départ retenu est le givrage des sondes de vitesse Pitot de l'A330 suivi de la déconnexion du pilotage automatique, une série d'événements a conduit au drame.

A partir des boîtes noires, repêchées 23 mois après le crash, les enquêteurs ont passé au crible le comportement de l'avion et les manoeuvres de l'équipage.

Un groupe de spécialistes "des facteurs humains" a même été constitué pour tenter de comprendre en particulier ce qui a pu pousser l'un des deux co-pilotes à cabrer l'avion provoquant son décrochage.

Dans son rapport préliminaire de juillet 2011, le BEA avait largement incriminé les pilotes estimant qu'ils n'avaient pas su faire face aux incidents survenus lors des dernières minutes du vol. Ils avaient relevé des réponses inadéquates à la perte des indicateurs de vitesse survenue à la suite du givrage des Pitot, à laquelle les pilotes n'étaient pas entraînés à faire face, et le décrochage de l'appareil qu'ils ne semblent pas avoir détecté.

Depuis l'accident, Air France s'efforce de réformer ses procédures.

Certains pilotes s'interrogent toujours: si l'équipage n'a pas détecté le décrochage, avait-il sur son écran les bonnes indications? La conception de l'Airbus A330 n'est-elle pas en cause?

Ce rapport ne présage en rien des conclusions de la justice française attendues ultérieurement.

D'ailleurs, selon un rapport judiciaire dont l'AFP a eu connaissance mercredi, les experts mandatés auprès de la juge d'instruction estiment que la catastrophe s'explique par une conjonction de facteurs: erreurs humaines, défaillances techniques, procédures inadaptées et même météo difficile.

Pour Air France et Airbus, tous deux mis en examen pour "homicides involontaires", les enjeux sont de taille. La compagnie française, en proie à de graves difficultés financières, redoute une nouvelle tache sur son blason. L'avionneur, lui, défend ses choix technologiques.

Du côté des familles des victimes, on estime souvent que les défaillances techniques ne sont pas suffisamment mises en avant dans le rapport final.

"Je suis un peu déçue. Les enquêteurs pensent que les pilotes ont fait des erreurs, c'est la seule raison", a déclaré Barbara Crolow, de nationalité allemande, à l'issue d'une réunion jeudi avec les responsables des investigations au BEA.

"J'ai l'impression qu'on invoque toujours l'erreur humaine à laquelle je ne crois pas du tout", a expliqué de son côté Keiko Marinho, représentante de l'association brésilienne AF VV447 et soeur d'une victime.

Au contraire, John Clemens, qui a perdu un frère dans l'accident, a estimé que le BEA avait fait un très bon travail.

"Il y a beaucoup plus d'informations que précédemment. Les autorités ont bien travaillé avec beaucoup de recommandations de sécurité", a-t-il souligné, se disant "satisfait des conclusions". "Personnellement, je suis très content", a-t-il ajouté.

© 2012 AFP
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