Être une femme, tu sais c'est pas si facile

2 contributions
Publié le 3 juillet 2012.

réflexions dans un reflet Nancy Huston invite à repenser le féminin dans son dernier livre

Elles ont obtenu l'indépendance financière, le droit de vote. Reste à conquérir l'égalité salariale et l'accès au pouvoir dans la finance et les conseils d'administration. Quant à l'égalité des tâches domestiques, on repassera… Mais Reflets dans un œil d'homme (éd. Actes Sud) de Nancy Huston n'est pas une étude statistique et s'intéresse plutôt au non-dit, au souterrain, aux influences qui modèlent les images et les corps.

Détricoter les idées reçues
Dans ce livre se pose la question de ce que c'est qu'être une femme, sans souscrire aux thèses féministes. Quel rôle joue la société, et quelle part y prennent nature et culture ? « Il y a une misogynie des féministes qui n'aiment pas que les femmes fassent des enfants et se fassent belles », explique Nancy Huston, qui regrette que la plupart des combats féministes évincent la coquetterie et la maternité. « Nous sommes la seule espèce qui a séparé la reproduction de la maternité. Mais on ne change pas un génome de plusieurs milliers d'années en un claquement de doigts. » Retour à l'espèce, donc. Pour détricoter les idées reçues, Nancy Huston s'appuie à la fois sur le travail de l'anthropologue Françoise Héritier, sur sa propre expérience et sur l'œuvre de l'écrivain Nelly Arcan, qui avait raconté son expérience de la prostitution dans Putain. Elle s'intéresse aux médias, aux magazines féminins avec leurs photos parfaites qui ont aussi leur part de responsabilité dans une société où l'image du corps s'est progressivement substituée au corps. Les hommes en paient le prix. « Toute une population de garçons commencent leur vie sexuelle en se masturbant sur des revues ou des films pornos, c'est-à-dire avec une représentation de la femme totalement tronquée. Il y a un vrai problème avec le masculin. » Car, et c'est tout l'intérêt de Reflets dans un œil d'homme, derrière le féminin s'ouvre enfin la vraie question taboue, celle de l'éternel masculin prêt, enfin, à se redéfinir.

Karine Papillaud
libérée

« Dans le monde occidental aujourd'hui, aucune femme ne peut prétendre avoir mené son existence à l'abri de cette propagande, qui fait de nous toutes, à des degrés variables et selon notre âge, notre milieu social et notre métier, avec notre coopération enthousiaste ou à notre corps défendant, des reflets dans un œil d'homme… »

Newsletter
POP

En fin de journée, faites
le tour de l'actu POP : culture, people, médias

publicité
publicité
publicité
Top 5 des vidéos partagées
publicité
Les dernières contributions

Chargement des contributions en cours

Réagissez à cet article
Vous souhaitez contribuer ? Inscrivez- vous, ou .
Confirmer l'alerte de commentaire
Annuler
publicité
publicité
Se connecter avec Facebook
S'identifier sur 20minutes.fr