Juppé:«La double candidature de Fillon et Copé me semble dangereuse»

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Publié le 2 juillet 2012.

UMP - Alain Juppé a répondu aux questions de 20 Minutes sur la présidence du parti, et les valeurs qu'il veut défendre au sein du mouvement...

Après les candidatures de Jean-François Copé et François Fillon pour la présidence de l’UMP, vous voyez-vous aussi comme un futur leader du mouvement?

Ce que je souhaite c’est la cohésion de l’UMP. Nous avons besoin d’une grande famille politique de la droite et du centre. Or,  je suis inquiet aujourd’hui de voir qu’on s’achemine vers des affrontements de personnes, alors que le moment serait plutôt au rassemblement sur les idées, sur le projet. La double candidature de Jean-François Copé et de François Fillon me semble dangereuse. Je propose pour ma part, de constituer tous ensemble une équipe qui se présenterait unie à nos militants avec un plan de marche clair : mobilisation de nos groupes à l’Assemblée Nationale et au Sénat pour mener le travail d’opposition parlementaire, préparation des échéances électorales de 2014, refonte du projet politique de l’UMP, lancement des mouvements au sein de l’union, décision d’organiser des primaires en 2016 pour désigner notre candidat à l’élection présidentielle de 2017. Voilà le bon calendrier.

Et ce rassembleur, cela pourrait être vous ?

Je ne serai pas candidat en plus des autres candidats. Mais s’il s’agit d’une candidature de rassemblement, j’y suis prêt.

Que pensez-vous du nouveau triptyque de valeurs que Jean-François Copé a annoncé:«Générosité, courage, fermeté»?

Personne ne peut être en désaccord. Moi j’aimerais bien que l’on traite quatre questions dans ce socle de valeurs. D’abord la question économique. Quelle vision nous faisons-nous du progrès économique en France ? J’ai résumé cela en disant : une France entreprenante, une France compétitive, une France travailleuse. Ensuite il y a la question sociale. Comment concilions-nous notre volonté de générosité sociale et la nécessaire efficacité de la politique sociale, qui ne veut pas plonger les gens dans l’assistance ? Cela, c’est le développement de la responsabilité. La question sociale, c’est aussi celle de l’égalité des chances par l’éducation. Je souhaite que l’on fasse du projet éducatif un projet phare de l’UMP. Nous avons énormément fait pour l’enseignement supérieur durant le dernier quinquennat, il faut réaliser le même effort dans l’enseignement primaire et secondaire. La troisième question c’est la question européenne. Il faut une Europe forte, qui fasse respecter ses frontières, ses intérêts économiques dans le monde, et la France doit avoir un rôle moteur dans cette construction. Enfin, il y a la question nationale, et j’aimerais que l’on réaffirme dans cette charte de valeurs notre attachement à la nation. La nation ce n’est pas une idée d’extrême-droite, c’est un bien collectif, ce qui reste de solide dans un monde globalisé. Pour moi la nation est fondée sur l’intégration républicaine, qui passe par un contrôle des flux migratoires. J’observe que M.Valls est en train de reprendre les mesures de M.Guéant en matière de régularisation des sans-papiers. La nation, c’est également le principe de laïcité, qui fait qu’on ne confond pas le religieux et le politique, et que l’Etat respecte toutes les religions, y compris l’Islam.

Etes-vous favorable à la création de courants au sein de l’UMP?

J’y suis favorable depuis toujours. C’est d’ailleurs moi qui ai fait inscrire dans les statuts du parti ce que nous appelons des mouvements. Mais j’y suis favorable à deux conditions. La première c’est qu’avant d’exprimer notre diversité, il faut réaffirmer notre unité. Cela implique que nous actualisions notre socle commun. Pourquoi est-ce que nous sommes ensemble, quelles sont les valeurs qui nous rassemblent? Ce travail est en cours, Jean-François Copé l’a lancé, je souhaite qu’il aboutisse à une nouvelle charte des principes communs de l’UMP. A partir de là, il n’y a que des avantages à développer des mouvements, à condition que cela ne transforme pas l’UMP en une confédération de petits partis.

Comment voyez-vous votre engagement sur la scène politique nationale?

Je suis d’abord totalement engagé sur la scène politique bordelaise. C’est cela ma priorité aujourd’hui. Mais  je prendrai la parole chaque fois que j’estimerai utile de le faire, chaque fois que j’aurai quelque chose à dire. On verra après comment cela se concrétise précisément, quel rôle je peux jouer éventuellement à l’UMP. Mais je ne suis pas inquiet sur ma capacité d’expression.

Propos recueillis par Mickaël Bosredon et Elsa Provenzano, à Bordeaux
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