Sommet européen: L'Allemagne est-elle vraiment affaiblie?

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Publié le 30 juin 2012.

CRISE – La surprise de ce nouveau Conseil européen est sans aucun doute les avancées obtenues par l’Espagne et l'Italie. Mais l'Allemagne a-t-elle perdu pour autant? Ce n’est pas si évident...

De notre envoyée spéciale à Bruxelles:

Perdante, Angela Merkel? La chancelière allemande se serait-elle pris une claque pendant ce sommet européen, comme l’analyse aujourd’hui une partie de la presse européenne?

Effectivement, elle a dû faire des concessions. A commencer par prendre des mesures d’urgence, ce à quoi l’Allemagne ne s’était pas forcément préparée. Et certainement pas aussi tôt dans le sommet. La fermeté de l’Italie et de l’Espagne a en effet contraint la zone euro à se pencher plus rapidement que prévu sur l’élaboration de solutions de court terme. Ce qui a surpris les marchés. Mais positivement: dès ce matin, ils ont applaudi des deux mains.

«Personne ne devrait dire: «J’ai gagné» ou «J’ai perdu». Ce qui était en cause, c’était l’Europe et c’est elle qui a gagné. C’est la zone euro qui a été confortée et renforcée», a déclaré François Hollande. Avant d’ajouter: «La France et l’Allemagne ont contribué avec d’autres pays à l’élaboration de ces solutions. Angela Merkel a participé à cette recherche et cette volonté de conforter et de consolider la zone euro».

Sur le fond, même si les mesures décidées sont de fortes avancées, saluées par les marchés, elles ne sont pas révolutionnaires: elles ne nécessitent de modifier aucun traité, ni de créer de nouveaux instruments. Et rien ne dit que les mécanismes nouvellement imaginés seront finalement sollicités.

«La France veut favoriser le rapprochement»

«L’Espagne et l’Italie ont accéléré les discussions et ont obtenu ce qu’elles désiraient. Mais Angela Merkel également: elle a fait acter le principe de conditionnalité», explique un proche des discussions. En effet, aucune aide ne sera accordée sans effort et contrôle en échange. La chancelière a également obtenu dans le cas de l’Italie que rien ne puisse se mettre en œuvre sans qu’un protocole d’accord définisse clairement ce qui est décidé.

Pour un porte-parole de la Commission européenne, «Angela Merkel ne s’est pas départie de sa logique. Elle poursuit toujours la même stratégie: lorsque des Etats ont demandé des plans de sauvetage, elle a fini par les accepter à condition que la troïka puisse contrôler les opérations. Cette fois-ci, elle consent à aider les banques, mais avec un contrôle accru de la Banque centrale européenne (BCE)».

Sur la forme ensuite, une question se pose: Hollande a-t-il oui ou non caché à Merkel le coup de théâtre préparé par l’Espagne et l’Italie et dont il dit avoir été informé? Certains en doutent: «Vous pensez réellement qu’Angela n’était pas au courant de cette prise de position de l’Italie et de l’Espagne? Mais elle est très proche de François Hollande. Ils passent leur temps à s’envoyer des SMS Ce sont des vrais gosses», plaisante une source proche des discussions.

Reste que certains analystes s’interrogent. François Hollande serait-il en train de tourner le dos à Angela Merkel pour se rapprocher des dirigeants du sud de l’Europe? Questionné sur le sujet, il a répondu tout de go: «La France est un trait d’union. Elle permet de rassembler, de par sa position géographique, économique et le poids de l’histoire. Elle ne veut pas contribuer à l’affrontement mais favoriser le rapprochement, notamment entre l’Europe du nord et celle du sud.»

Céline Boff 

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