La stabilité de la confiance des ménages est-elle vraiment une bonne nouvelle?

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Publié le 26 juin 2012.

INDICATEUR - Des craintes sur leur capacité à consommer se font jour...

Une bonne nouvelle en trompe-l’œil. Contre toute attente, l'indice de confiance des ménages est resté stable en juin en France par rapport à mai. «Cette résistance est surprenante, compte tenu de la détérioration du climat des affaires. Elle repose, de plus, sur des bases fragiles, les détails de l’enquête étant mitigés pour ne pas dire mauvais», nuance Hélène Baudchon, économiste chez BNP Paribas.

Hausse du chômage anticipé

En effet, l'indicateur synthétique, dévoilé mardi par l’Insee, est ressorti à 90, un niveau nettement inférieur à sa moyenne de longue période calée à 100. De plus, l'opinion des ménages sur leur situation financière personnelle, passée et future, ainsi que sur leur niveau de vie recule légèrement. «Surtout, ils sont nettement plus nombreux à anticiper une augmentation du chômage, le solde d’opinion correspondant grimpant de 11 points en juin après en avoir perdu 6 en mai. Cette détérioration n’est pas une surprise compte tenu des derniers chiffres de chômage publiés et de la couverture médiatique des plans sociaux», explique Hélène Baudchon. En avril, pour le douzième mois consécutif, le nombre de demandeurs d’emploi était à la hausse. Une tendance qui a toutes les chances de se poursuivre alors que, selon la CGT, 45.000 emplois sont menacés dans les mois à venir.

Un seul élément positif: les achats importants

Et les inquiétudes des ménages sur le front de l’emploi n’ont pas été compensées par la nette hausse (+3 points), mais étonnante du solde d’opinion sur l’opportunité de faire des achats importants, seul élément positif de l’enquête de confiance, note Hélène Baudchon. De son côté, les Français sont plus optimistes sur l’opportunité d’épargner (+2 points). «Mais ce n’est pas forcément bon signe de notre point de vue. Le pouvoir d’achat des ménages ne progresse, en effet, pas assez vite aujourd’hui pour qu’une hausse de l’épargne ne se fasse pas au détriment de la consommation. Une véritable marque de confiance serait, au contraire, de puiser dans l’épargne disponible», avance Hélène Baudchon.

Malgré tout, «cette meilleure tenue de la confiance des ménages au cours du deuxième trimestre par rapport au climat des affaires conforte, malgré tout, notre scénario d’une résistance de la consommation amortissant le recul attendu du PIB», conclut la spécialiste.

Mathieu Bruckmüller
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