« Un fléau, une organisation financière, un complexe totalitaire. » Marc Perelman, coauteur avec Jean-Marie Brohm de l'essai Le Football, une peste émotionnelle* paru en mai dernier, n'a pas de mots assez durs pour critiquer le ballon rond. « On voit des peuples écrasés de douleur et des pays quasi arrêtés quand l'équipe nationale perd, et à l'inverse des masses totalement submergées par une émotion disproportionnée quand leurs onze joueurs gagnent », assène-t-il. Que pense-t-il de la liesse nationale, comme en 1998 ? « Notre territoire ne se résume pas à un terrain de foot, notre langue à des vociférations et notre armée à un commando d'hommes en bleu », rétorque l'auteur. Selon lui, le foot n'incarne pas de valeurs positives, il « uniformise au contraire les comportements ». Et, plus grave, il permet d'occulter la réalité. « Grâce à la Coupe du monde, Chirac exulte », conclut-il.
L. d. C.
* Ed. Gallimard, 7,50 e.