le vestiaire masculin idéal

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Publié le 22 juin 2012.

Bâti à quatre épingles

L'architecte de la mode ou le couturier de l'architecture ? Le Brésilien Gustavo Lins, architecte de formation, fait son apprentissage chez un tailleur à Barcelone. Il y apprend « la grammaire de base » du vêtement. Modéliste pendant quinze ans auprès des grands noms de la couture parisienne, il crée sa marque en 2003. Il fait désormais partie du cercle prisé des maisons de haute couture. Vendredi prochain, il présentera sa nouvelle collection homme à la Fashion Week. Pour 20 Minutes, il donne sa version du vestiaire masculin idéal.

Un état d'esprit. « Les hommes aiment leur vestiaire avec un côté martial », analyse Gustavo Lins. La mode masculine, c'est un rapport au corps et au vêtement différent de celui de la femme, « plus complexe et sophistiqué ».
Un caractère obsessionnel. « Quand on a trouvé quelque chose qui nous va bien, on l'achète en différents coloris. On a un rapport au vêtement assez primaire », plaisante-t-il. Et des obsessions typiquement masculines aussi : « la qualité, le confort et la silhouette ».
Le mélange des genres. Mode homme ou femme, pas de compétition. « Moi, j'ai besoin des deux pour exister. Généralement, je commence par la collection pour hommes. Quand elle est vraiment bien avancée, je prends une veste, un pantalon et une chemise que je bascule dans le bloc féminin. » Des transpositions homme-femme liées à la conception immanente de la mode chez Lins, issue de l'étude approfondie de la structure du kimono japonais.
Un indicateur économique. Pour le couturier, une collection masculine renseigne sur la santé d'une maison. « Une marque acquiert une certaine stabilité lorsqu'elle fait des collections masculines. A ce moment-là, la marque devient une marque de référence », explique le créateur.
Un inventaire. Gustavo Lins conçoit sa collection homme comme s'il devait créer le nécessaire pour partir une semaine. Pour être paré à tout : « Il faut deux vestes. La première serait un cardigan, confortable, réversible et sans épaulettes. La seconde, une veste très construite. Un pantalon droit et un pantalon ajusté à la jambe. Un manteau, des chemises blanches, une cravate noire, de la maille et des baskets. »
Le plus couture. « Il faut toujours avoir une veste qui puisse faire smoking, il est hors de question d'en louer un pour une soirée. »
Le sens de l'élégance. « Je fais toujours les costumes dépareillés, la veste dans un tissu, le pantalon dans un autre. C'est rare que je porte un costume conjugué. »
Le minimum de couleurs. « Je pars d'une gamme assez foncée et minérale. Et à chaque collection, je mets une tranche de couleur vive, un bleu de Prusse ou un jaune assez vif. Les collections colorées sont belles dans un magazine, parfois moins une fois portées. » Messieurs, vous n'avez plus

d'excuses !

Anne DEMOULIN
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