La police met fin à une prise d'otages à Toulouse, trois mois après Merah

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Publié le 20 juin 2012.

TOULOUSE - Les policiers d'élite ont donné l'assaut et libéré indemnes mercredi les deux derniers otages retenus dans une banque de Toulouse par un déséquilibré disant agir par conviction religieuse, tout près de là où Mohamed Merah avait été tué par le Raid trois mois plus tôt.

Fethi Boumaza, un schizophrène de 26 ans en rupture de traitement depuis des mois selon des sources proches du dossier, a été blessé à la main gauche et à la cuisse droite par les hommes du Groupe d'intervention de la police nationale (GIPN), a dit le procureur de Toulouse Michel Valet.

Ses jours ne sont pas en danger, et si ses blessures sont "significatives", elles "montrent que les policiers ont cherché à le neutraliser, pour protéger les otages, et non pas une seconde à le tuer", a-t-il dit.

Les deux otages, deux employés de cette succursale de la CIC, sont sains et saufs. Deux autres otages avaient été libérés par le forcené dans le courant de l'après-midi. Aucun policier n'a été blessé.

Le forcené a été atteint par les hommes du GIPN alors qu'il sortait de la banque en tenant en respect un des otages et en pointant son arme alentour. Blessé, il est parvenu à retourner dans l'agence où il a été interpellé, non sans avoir rassemblé ses forces pour tenter de mettre le feu, selon les premiers éléments de l'enquête.

La prise d'otages aura duré environ sept heures tendues, sur l'avenue Camille-Pujol à la Côte pavée, quartier résidentiel naguère prisé pour son calme et sa verdure à quelques minutes du centre-ville.

La Côte pavée, cernée par 150 policiers, avait l'impression mercredi de revivre un cauchemar. C'est à quelques centaines de mètres seulement que Merah est mort le 22 mars sous les balles du Raid.

L'individu est entré dans la banque vers 10H00, et a demandé de l'argent aux employés avec insistance, selon une source policière. Il n'a pas été pris au sérieux et a sorti son arme, un pistolet gomme-cogne selon le procureur. Il a alors tiré une fois.

Selon le procureur, Fethi Boumaza affirmait agir non pas pour l'argent, mais uniquement par convictions religieuses confuses. Il s'est réclamé d'Al-Qaïda, selon des informations policières que le procureur a refusé de confirmer.

"C'étaient des revendications religieuses mal définies et mal exprimées", a dit le procureur, "on a affaire à quelqu'un qui souffre de troubles psychiques importants", à la conduite "tout sauf rationnelle".

"Il n'avait pas l'air d'avoir peur"

En fait, c'est un schizophrène en rupture de traitement, un jeune homme sans casier judiciaire mais pouvant être apparu dans des affaires de famille ou de voisinage signalées à la police, selon de multiples sources proches du dossier.

Sa soeur, jointe au téléphone par l'AFP, a déclaré que son frère "avait été placé à la Ddass quand il était petit, a la rage et a peur du monde extérieur". Elle s'est rendue sur place pour tenter une médiation.

"Il voulait faire un coup. C'est un appel au secours", a abondé son beau-frère.

Prévenue par l'AFP de la présence de son frère dans l'agence bancaire, elle l'a alors appelé sur son portable. "Il n'avait pas l'air d'avoir peur et il avait l'air bien", a-t-elle assuré. Le procureur a également décrit un homme déterminé à son arrivée à la banque.

François Hollande s'est félicité que les otages aient été "libérés, sains et saufs", saluant aussi "l'efficacité et le sang-froid" des policiers, selon l'Elysée. Le ministre de l'Intérieur, Manuel Valls, a aussi salué "le professionnalisme" des forces de l'ordre et le "sang-froid" des employés.

La prise d'otages a suscité la stupéfaction dans ce quartier, à nouveau investi par les forces de l'ordre et les journalistes trois mois après que le Raid eut mis fin le 22 mars à l'équipée sanglante de Mohamed Merah.

"On revit la même chose qu'il y a trois mois. On était tranquille dans le quartier, mais depuis le problème Mohamed Merah, on est inquiet. Cela recommence, cela commence à me faire peur", confie Maria Gonzalez, une mère de famille de deux enfants qui ne pouvait pas rentrer chez elle.

Toulouse avait été le théâtre d'une autre prise d'otage, le 6 juin, loin de là, à Météo-France.

© 2012 AFP
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