Twitter en politique: «L'outil parfait pour leur logique de petites phrases»

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Publié le 15 juin 2012.

POLITIQUE - Même s'il occasionne quelques couacs, l'usage de Twitter est devenu incontournable dans la vie politique...

Twitter fait-il perdre la tête aux politiques? Après le tweet de Valérie Trierweiler, qui a agité l’entre-deux tours des élections législatives, le débat sur l’utilisation du site microblogging est relancé. Ce vendredi matin, Henri Guaino, estimait d’ailleurs sans détour: «Twitter, ça rend fou». L’ancien conseiller spécial de Nicolas Sarkozy à l’Elysée proposait même sur Europe 1 qu’en soit interdit l’usage aux «hommes publics».

Des propos que tempère Arnaud Mercier. D’après le professeur de marketing politique à l'Université de Lorraine, «l’interdiction d’un support d’expression serait une hérésie démocratique». Il estime même que «Twitter ne rend pas fou. Mais il peut rendre moins prudent.» D’où certains dérapages ou «clashs», «liés à l’absence de réflexion sur les conséquences d’un tweet», détaille-t-il.

«Un enfer pour les services de com’»

Car la pratique reste nouvelle et il n’existe pas encore de principe de régulation. «Nous en sommes toujours dans la construction de cette culture. Mais une forme d’autorégulation va se mettre en place», professe Arnaud Mercier.  Et parmi les politiques accros aux tweets, certains ont d’ores et déjà poussé la logique jusqu’à fermer leur compte, comme Eric Besson.

Reste que, malgré les couacs, Twitter se révèle très efficace quand il est manié par les politiques. D’après Arnaud Mercier, c’est même «l’outil parfait pour leur logique de petites phrases». Et puis, c’est l’un des derniers espaces où la parole est encore libre. «Pour certains politiques, Twitter est une action personnelle. Ce qui en fait un enfer pour les services de com’, qui se font alors court-circuiter», reconnaît Arnaud Mercier.

«Dire beaucoup de choses en 140 caractères»

Certains ont d’ailleurs bien compris l’intérêt de cet outil. Comme Nathalie Kosciusko-Morizet à  l’UMP ou Anne Hidalgo au PS, qui estime que l’«on peut dire beaucoup de choses en 140 caractères». Un usage intelligent de l’outil est donc possible, même si «le côté fil d’actualité en continu pose la question de la maîtrise du temps. Et de l’hyperactivité en temps réel», estime Arnaud Mercier.

Et puis, pour que le message soit entendu, il faut encore qu’il soit «repris». Notamment par les médias. «Car même si l’une des vertus de Twitter est de jouer sur la désintermédiation», les politiques n’ont «pas encore suffisamment d’autorité sur Twitter» pour que leurs gazouillis se suffisent à eux-mêmes. Ce qui viendra peut-être. Une part de plus en plus grande de la vie politique s’y joue désormais.

 

Mathieu Gruel
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