Comment rebondir ? Distancé par Marine Le Pen à la présidentielle et dans la 11e circonscription du Pas-de-Calais, Jean-Luc Mélenchon a perdu son pari du printemps 2012 : devancer l'« épouvantail » du FN pour faire exploser l'argument du vote utile des deux grands partis. « On est peut-être derrière eux, mais on court plus vite », positive François Delapierre, l'un des plus proches conseillers de Mélenchon. A l'Assemblée, la gauche du PS aura un petit rôle. Le tribun Mélenchon ne profitera pas de l'exposition parlementaire et le groupe communiste, riche de 19 élus, devrait connaître un recul en sièges, dimanche. La vice-présidente du Parti de gauche, Martine Billard, a été éliminée et deux apparentés, Patrick Braouzec et Jean-Pierre Brard, sont en difficulté en Ile-de-France. Le prix de l'indépendance et du refus du PS de négocier, notamment dans des circonscriptions où le FN était bien placé. « Le PS a tout fait pour nous faire battre », peste le Front de gauche. « Nous ne serons pas dans la majorité présidentielle. Nous nous positionnerons au cas par cas », précise François Delapierre. Paradoxalement, dans le même temps, la dynamique Mélenchon a permis au Front de gauche de gagner des voix par rapport à 2007. Espérant avoir pénétré l'opinion, ce dernier se pose comme un recours. « Les partis d'extrême gauche sont asséchés. Nous sommes devenus en quelques mois la seule alternance au PS à gauche. Nous avons posé les jalons d'une future révolution citoyenne », détaille François Delapierre. En espérant que le Parti communiste, appâté par des postes au gouvernement, ne se désolidarise pas de l'alliance.Matthieu Goar