La journée avait si bien commencé. Martine Aubry et Cécile Duflot avaient pris le TGV pour soutenir Ségolène Royal à La Rochelle (Charentes-Maritimes), en difficulté face au dissident PS Olivier Falorni. Bien calées dans leur fauteuil, elles déroulaient l'opération soutien au soldat Royal devant les journalistes : «Ségolène est la candidate du rassemblement », « la seule de la majorité présidentielle ».
A l'arrivée, « Ségolène » attend ses deux comparses sous le soleil : « Ah, quel bonheur ! C'est le rassemblement de la gauche », s'extasie-t-elle. Les éléments de langage sont calés. Entourées de caméras, les trois femmes démontrent l'union, jusqu'à accompagner Ségolène Royal déposer sa candidature à la préfecture.
La campagne vire au vaudeville
Et tout naturellement, l'opération flingage d'Olivier Falorni prend forme sur le bateau du Musée maritime où se tient une conférence de presse. « Il a laissé un champ de ruines à la fédération », tacle Maxime Bono, le maire de La Rochelle. « Ce qui me choque, c'est qu'il ne refuse pas le soutien de la droite », embraie une ex-candidate Verte. Puis tombe une question sur le mot du Président dans la profession de foi de la socialiste, unique entorse à sa promesse de se tenir loin des législatives. Figée, Royal ne répond pas, c'est Aubry qui s'empare du micro : « François Hollande a simplement voulu rappeler la vérité : la seule candidate soutenue par lui, c'est Ségolène Royal. »
Et puis patatras ! Le tweet de Valérie Trierweiler (lire ci-dessous) soutenant Olivier Falorni met le feu à cette journée de campagne quasi banale. Au PS, c'est silence radio. A l'Elysée aussi. L'animosité entre les deux femmes est connue. Falorni assure être « touché par ce message amical » et précise bien connaître la journaliste. L'entourage de Royal ne veut pas commenter, « ni de près ni de loin ». Attention, terrain miné. C'est une bombe politique et personnelle qui plonge la campagne dans le vaudeville : la première dame contredit son compagnon, le président de la République, qui soutient son ex-compagne.
De la grande tablée où Royal déjeune, de forts éclats de rire fusent comme si les convives passaient en revue leurs meilleures blagues. En partant, la socialiste accroche un sourire factice et tente d'esquiver les journalistes. Peine perdue. « Je n'ai pas de commentaire. Toute mon énergie dans ce combat difficile va vers les électeurs », glisse-t-elle sobrement. Comme Aubry : « La seule chose qui m'importe, c'est le soutien de François Hollande à Ségolène Royal. Il est clair, il est net. » Manière de renvoyer Valérie Trierweiler à ses études.Mais le coup est parti.