Tout va très bien, Madame la France. Intervenant exceptionnellement trois semaines avant son allocution traditionnelle du 14 Juillet, Jacques Chirac a tenté hier soir sur France 2 de déminer le terrain du gouvernement. Avec un seul mot d'ordre : il n'y a pas de problème.
Concernant Dominique de Villepin – un Premier ministre au plus bas dans les sondages et critiqué par sa propre majorité –, le chef de l'Etat a estimé qu'il « s'est totalement consacré à son action avec dynamisme ». « Le chômage a diminué, la croissance est repartie, la sécurité s'améliore... le contrat du gouvernement a été rempli », a tranché Jacques Chirac. Pas question donc de changer d'équipe. Seul conseil donné du bout des lèvres par l'Elysée à Matignon : « Etre plus à l'écoute » de la majorité qui, ne l'oublions pas, « soutient le gouvernement ».
Le Président a aussi jugé qu'il n'y a pas d'opposition entre Dominique de Villepin et Nicolas Sarkozy – cité une seule fois en trente minutes. « Je ne vois rien entre eux », a déclaré Jacques Chirac, qualifiant de « fantasme », les rumeurs de « rivalité insupportable » entre le nº 1 et le nº 2 du gouvernement. Au contraire, le tandem marche au mieux grâce à des « chocs de personnalités » bien utiles pour éviter le « ronron ».
Pourtant, le bras de fer entre les chiraquiens et les sarkozystes ne fait que commencer. Concernant la présidentielle, le chef de l'Etat a estimé que « nous ne sommes pas dans la désignation des candidats », laissant entendre que Sarkozy pourrait ne pas être le seul candidat UMP. Jacques Chirac n'a pas non plus fermé la porte le concernant, annonçant qu'il dirait « dans le courant du premier trimestre » s'il se présente à nouveau ou non. « C'est une question qui se pose », a-t-il asséné. A bon entendeur sarkozyste, salut.
Bastien Bonnefous