Le foncier rural attire et voit ses prix augmenter en 2011

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Publié le 30 mai 2012.

PARIS - Les prix du foncier rural en France ont grimpé en 2011, notamment ceux des terres agricoles libres (+6,0%) et des forêts (+10,8%), perçues comme des "valeurs refuges", a indiqué mercredi la Fédération nationale des Sociétés d'aménagement foncier et d'établissement rural.

"Beaucoup de gens souhaitent acquérir du foncier agricole", a expliqué le président de la FNsafer Emmanuel Hyest, lors d'une conférence de presse de présentation du rapport 2011 sur le marché immobilier rural.

"La terre est une valeur refuge dans une période où on a des incertitudes sur les marchés financiers", a renchéri Robert Levesque, du département études de la FNSafer. De même pour la forêt, "une valeur refuge indiscutable", selon M. Hyest.

En 2011, l'hectare de terres agricoles libres se vendait en moyenne à 5.430 euros, a précisé la Fédération dans une publication réalisée en partenariat avec le ministère de l'agriculture.

Sur le marché des forêts, les prix ont augmenté de 10,8% à 3.960 euros l'hectare en moyenne.

Autre élément favorisant la hausse des prix: le rétrécissement du marché des terres dites libres, par opposition aux terres louées par un exploitant.

Ainsi, les agriculteurs fermiers en place ont "profité de l'amélioration de leurs revenus pour sécuriser leur assise foncière" et acheter de la terre, a expliqué la FNSafer. Une reprise déjà amorcée en 2010.

Manque de transparence, investisseurs à l'affût

L'attrait pour les terres agricoles répond aussi à l'anticipation de "besoins croissants de produits agricoles" et l'espoir de "source de revenus futurs", a souligné M. Hyest.

Paradoxalement, les prix du foncier rural se sont en outre maintenus à la hausse, dans un marché qui aurait pu être affecté par la modification du régime des plues-values à horizon février 2012.

L'activité a elle bien été favorisée par la perspective de cette modification de la loi au second semestre 2011, notamment sur le marché des forêts et des maisons à la campagne, a noté la FNSafer.

Sur le marché des "maisons à la campagne", le nombre des transaction a toutefois baissé de 0,3% sur l'année, le prix moyen progressant de 2,4% contre 6,3% en 2010.

Une inflexion due notamment à la hausse des prix de l'énergie qui exercent une pression sur les prix de l'immobilier, avance M. Levesque.

De leur côté, les prix des terrains constructibles de moins de un hectare ont augmenté de 8% pour atteindre 338.000 euros l'hectare en moyenne.

Les vignes n'ont pas échappé à la hausse des prix en 2011, la plus forte augmentation concernant les eaux-de-vie appellations d'origine protégée (+12,6%), tirée par le Cognac, a précisé la FNsafer.

Dans ce contexte, la FNSafer a mis en garde contre "le développement d'une agriculture de capitaux au détriment d'une agriculture familiale".

En cause notamment, selon la Fédération, "le développement des formes sociétaires des exploitations dans les secteurs les plus rentables" risquant selon elle de favoriser la concentration et la prise de contrôle par des investisseurs non agricoles.

Un mouvement qui s'accompagne d'un manque de transparence sur les reprises des parts de société, déplore la FNSafer.

Si le phénomène se constate dans les vignes, il est aussi présent dans les grandes cultures ou la production laitière, a précisé M. Levesque.

Les Safer, créées en 1960, se voient notifier par les notaires toutes les ventes d'espace rural et visent à préserver les espaces naturels et ruraux.

© 2012 AFP
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