Se loger ou se soigner : de plus en plus d'étudiants contraints de choisir

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Publié le 23 mai 2012.

PARIS - Se loger plutôt que se soigner : c'est le choix que font de plus en plus d'étudiants qui renoncent à des soins coûteux comme le dentiste, voire un médecin généraliste, révèle une grande enquête de la Mutuelle des étudiants (LMDE).

"Le constat aujourd'hui, c'est que de plus en plus d'étudiants sont dans l'incapacité grandissante de faire face à leurs dépenses de santé et à l'explosion du coût de la santé", a dit mercredi à l'AFP Gabriel Szeftel, président de la LMDE, en commentant son enquête réalisée en 2011.

"Avant, 24% des étudiants renonçaient aux soins mais ce renoncement était essentiellement ciblé sur les soins coûteux : dentiste ou opticien", selon M. Szeftel. Mais ils sont aujourd'hui 34% et le renoncement "s'est étendu aux soins de premier recours comme l'accès au généraliste et aux principales spécialités comme la gynécologie et l'accès aux médicaments".

C'est "l'effet d'une situation sociale dégradée pour les étudiants, avec un jeune sur quatre qui déclare avoir du mal à joindre les deux bouts à la fin du mois", a poursuivi le président de la LMDE.

Ils "doivent choisir entre se soigner ou se loger" mais avec près de la moitié des 2,3 millions d'étudiants en France vivant avec moins de 400 euros par mois, le choix se porte sur le logement, "souvent au détriment" de l'accès aux soins, a-t-il ajouté.

En ce qui concerne la santé psychique, la période des études n'est pas toujours vécue avec légèreté et insouciance, souligne M. Szeftel. "Près de quatre étudiants sur dix (38%) ont éprouvé un sentiment constant de tristesse et de déprime, les femmes (43%) plus que les hommes (31%)", selon l'enquête. Et "un étudiant sur dix a pensé au suicide ou a fait des projets de suicide" et "12% ont pris des médicaments psychotropes".

- "On prépare la crise sanitaire de demain" -

Par ailleurs, les étudiants sont "globalement très peu couverts par une complémentaire santé : 19% n'en ont pas. C'est trois fois supérieur aux enquêtes sur la population générale, et ne pas avoir de complémentaire santé aggrave le renoncement aux soins", a déploré la LMDE.

"On prépare la crise sanitaire de demain" : ne pas investir dans la santé des jeunes, c'est ouvrir la porte à des maladies chroniques comme le diabète, l'hypertension et les maladies cardiovasculaires, met en garde la Mutuelle.

Ce bilan de santé des étudiants, publié dans un livre "Santé et conditions de vie des étudiants", "nous permet à nouveau de tirer la sonnette d'alarme sur la situation sanitaire des jeunes alors que s'ouvre une nouvelle séquence politique", a dit M. Szeftel.

"Il y a eu un certain nombre d'engagements de François Hollande qui place la jeunesse au coeur de ses priorités", a-t-il rappelé, demandant que "la santé des étudiants et des jeunes fassent l'objet d'un chantier prioritaire avec quelques mesures pour le droit à la protection sociale".

La LMDE réclame de longue date un "chèque santé" accordé aux étudiants prenant en charge le coût d'une complémentaire santé et demande la "suppression totale" de la taxe sur les mutuelles pour les étudiants.

L'organisation revendique également la création de "centres de santé de proximité installés dans chaque campus universitaire avec une offre de santé adaptée" : prise en charge psychologique, n'imposant pas le dépassement d'honoraires et pratiquant le tiers-payant pour que les étudiants n'aient pas à faire l'avance des frais médicaux.

L'enquête a été conduite par l'Ifop auprès de 8.423 étudiants et les premiers résultats avaient été publiés en mai 2011.

© 2012 AFP
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