Pour les journalistes de Paris Match, ça ne fait guère de doute : Nicolas Sarkozy a eu la peau de leur patron. Le groupe Hachette Filipacchi Médias (HFM-Lagardère) a confirmé hier avoir proposé à Alain Genestar, patron de la rédaction de l'hebdomadaire, un poste « qui suppose l'abandon de ses fonctions actuelles ».
Pour justifier cette décision, indiquent les journalistes de Paris Match dans un communiqué, leur PDG, Gérald de Rocquemaurel, a évoqué hier devant eux « un différend déontologique entre le directeur de la rédaction de Paris Match et son actionnaire », Arnaud Lagardère.
La rédaction, « unie et mobilisée », « maintient que l'origine de cette crise demeure la couverture Cécilia Sarkozy du 25 août 2005 ». La photo de une publiée ce jour-là montrait Cécilia, qui venait de quitter Nicolas Sarkozy, aux côtés d'un homme présenté comme son nouveau compagnon. Le ministre de l'Intérieur serait rentré dans une colère noire à la vue du journal. Selon Le Canard enchaîné, il aurait reproché à Arnaud Lagardère, un ami intime et actionnaire majoritaire de l'hebdomadaire, de ne pas l'avoir informé de cette une avant sa parution. Depuis, beaucoup à Paris Match estiment qu'Alain Genestar était menacé. Mardi, ce dernier avait fait savoir qu'il refuserait de démissionner ou de prendre une nouvelle affectation.
Furieux de ce qu'ils considèrent comme une ingérence d'un ministre dans le fonctionnement de leur rédaction, les journalistes pourraient décréter la première grève de l'histoire du prestigieux hebdomadaire. Les deux tiers d'entre eux y sont prêts, a indiqué une consultation interne.
S. C.