L'UMP tournée vers les législatives

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Publié le 7 mai 2012.

défaite A la Mutualité, on préfère évoquer le troisième tour plutôt que de faire un examen de conscience

Jusqu'au bout, les cadres de l'UMP auront mis du temps à apparaître à la Mutualité, à Paris, dimanche soir. La défaite est certaine dès 17 h et personne ne se bouscule pour s'exprimer devant le millier de journalistes accrédités. Parmi les premiers arrivés, la famille du président sortant : Guillaume, le frère de Nicolas Sarkozy, ou Jean, son fils aîné. Visages fermés, ils ne parlent pas à la presse.
Benjamin Lancar, président des Jeunes Populaires, s'y colle pour donner les éléments de langage concoctés à 18 h par Jean-François Copé, le secrétaire général de l'UMP. Premier message : la droite est d'ores et déjà tournée vers l'avenir. A savoir les législatives. « Si les Français ne veulent pas du droit de vote des étrangers, il faut qu'il nous donne suffisamment de députés. » « On ne va pas faire le bilan de la campagne ici, ce soir », répond-il, interrogé sur la responsabilité de la défaite.

« Pas de droit d'inventaire »
Quant aux cinq ans de présidence Sarkozy, « nous ne ferons pas de droit d'inventaire ». Le bras fendant l'air et la main tranchante, la députée Valérie Rosso-Debord, confirme un peu plus tard : « C'est straight [direct]. On est concentré sur le troisième tour, les législatives. » « Le discours est simple : les Français ne veulent pas d'un Etat PS, c'est-à-dire d'un Etat dans lequel les socialistes ont l'Elysée, l'Assemblée et le Sénat. » Pour elle, « il n'y a pas de leçons » à tirer d'un tel échec. Et d'égrainer, sur le ton de l'évidence, les causes de la défaite : « Il y a la crise mais aussi la chasse à l'homme qui a été menée par la gauche, l'extrême gauche et certains médias. » Une accusation reprise en creux par Nicolas Sarkozy lui-même quand il évoque, l'air blême, sur la scène de la Mutualité « une campagne contre toutes les forces coalisées contre nous, et Dieu sait qu'elles étaient nombreuses ». Le président battu parti, la salle, pleine de militants, se met à scander : « On est dans la merde ». Les cadres ont déjà disparu.

Alexandre Sulzer
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