Le statut des intermittents du spectacle est-il trop coûteux?

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Publié le 29 janvier 2014.

CULTURE - Un groupe nîmois a interpellé les candidats à l'élection présidentielle à travers un clip posté sur YouTube. Le point sur ce statut très contesté à l'approche du second tour...

«M. Hollande, M. Sarkozy, que comptez-vous faire de nous?» peut-on lire sur les pancartes du clip de L’homme parle, un collectif de musiciens nîmois. En interpellant les candidats sur l’intermittence, le groupe invite la culture dans une campagne qui s’en sera peu souciée.

«Ce morceau, c’est nous, c’est notre histoire. C’est celle de plus de 100.000 intermittents en France qui bataillent jour après jour pour décrocher des dates, monter des projets, survivre pendant les périodes dites calmes. Un statut régulièrement remis en cause, encore dernièrement par la Cour des comptes à travers une logique purement comptable» explique le groupe sur YouTube.

Unique au monde, le statut d’intermittent fait l’objet de toutes les critiques. Responsable d’une part importante du déficit total de l'assurance chômage, il est jugé trop coûteux et scandaleux par ses détracteurs. «Oui, le budget est déficitaire, mais on ne se rend pas compte de l’énorme manne financière que la culture arrive à dégager! C’est facile d’isoler les chiffres» juge Nicolas Llory, un des chanteurs du groupe contacté par 20 minutes.

Que garantit le statut d’intermittent?

Pour bénéficier des indemnités de chômage, l'intermittent doit justifier de 507 heures de travail (soit approximativement trois mois à huit heures de travail par jour) pendant dix mois et demi pour les artistes, et dix mois pour les techniciens. Conçu pour couvrir le risque élevé de chômage dans le monde du spectacle, le régime d’assurance chômage des intermittents doit être rediscuté à l’horizon 2014.

Que pointe le rapport de la Cour des comptes?

Le débat sur le statut des intermittents n’est pas neuf. Mais un rapport de la Cour des comptes du 7 février 2012, qui pointe une «dérive massive et persistante», vient d’apporter de l’eau au moulin de ses détracteurs. Stabilisé à un niveau élevé, supérieur à un milliard d’euros depuis 2007, «le déficit du régime des intermittents a représenté en 2010 un tiers du déficit de l’assurance chômage dans son ensemble», pointe le rapport. Ceci alors que les intermittents ne représentent que 3% des demandeurs d’emploi. Les sages de la rue Cambon dénoncent également l’extension des fraudes et des abus, et avertissent que cette situation «n'est pas soutenable dans le contexte actuel des finances publiques».

Que proposent les deux candidats?

Si Nicolas Sarkozy s’était en 2007 prononcé en faveur d’une réforme du statut d’intermittent, le régime d’assurance chômage n’a pas été modifié pendant son quinquennat. Son programme pour 2012 ne comporte pas de propositions concrètes sur le sujet.

Une interview accordée au Parisien le 11 avril a été l’occasion de clarifier la position de François Hollande. Le candidat socialiste a affirmé vouloir - «bien sûr» - conserver le statut des intermittents du spectacle. «Il vient à expiration en 2013. Les discussions entre partenaires sociaux seront engagées et le gouvernement y prendra toute sa part.» a-t-il annoncé. «L’intermittence fait vivre un grand nombre d’industries, pas simplement des associations. Ce statut est utile pour ses bénéficiaires, mais aussi pour les employeurs, qui ne pourraient pas vivre sans». Le candidat socialiste a toutefois affirmé qu’il fallait  «peut-être aller vers un financement plus diversifié.» 

A.L
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