La mode bien loin des clichés

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Publié le 27 mars 2012.

Photo Le Grand Palais propose la première rétrospective Helmut Newton depuis sa mort en 2004

Elle fume sa clope, sa bretelle de soutien-gorge lui tombant sur le bras. C'est Catherine Deneuve vue par Helmut Newton en 1976. La photo est parue dans le très chic magazine Esquire. Helmut Newton aimait autant la mode qu'il détestait les effets de mode ou l'idée qu'on se fait de la mode, glamour mais figée.

Le fantasme, plus que le rêve
« Ses femmes à lui sont puissantes, séductrices, dominatrices. Jamais glaciales, mais toujours impressionnantes », raconte Jérôme Neutres, le commissaire de la rétrospective qui s'est ouverte ce week-end au Grand Palais. Où il apparaît qu'Helmut Newton (1920-2004) appréciait peu l'univers de la mode. « Son inspiration, il la puisait dans les photos-souvenirs, les clichés de paparazzis, les scènes de films, reprend Jérôme Neutres. Dans les années 1960, la photo de mode vendait du rêve. Lui s'est mis à offrir du fantasme. »
C'est Vogue, le premier, qui l'incite à provoquer. Il va en profiter. Son imagination vagabonde, ses compositions, parfois vertigineuses, débordent du cadre. Helmut Newton ose tout. Au début des années 1970, en pleine époque de libération sexuelle, il fait poser ses modèles nus dans les rues. Cela choque, cela plaît, à Yves Saint Laurent notamment. « Mes nus ont moins de sexualité explicite que ceux de Rubens », disait-il. Ses grandes photos ultra-composées comme Bergstrom, au-dessus de Paris (1976) « rappellent la Vénus de Velasquez », note Jérôme Neutres. Le commissaire de l'exposition confirme qu'Helmut Newton a très vite cherché à s'inscrire dans l'histoire de l'art. « Ses grands nus des années 1980 étaient faits pour être exposés dans les galeries et il est le premier, avec Richard Avedon, à avoir fait de grands tirages en pied. Comme il a été le premier à transformer des polaroïds en œuvres d'art. » Auteur d'une œuvre hyper-référencée, Helmut Newton a toujours joué du détournement, en rendant hommage à La Mort aux trousses en 1967, en affublant ses mannequins de prothèses médicales en 1977 ou en photographiant un poulet les cuisses écartées en 1994. Il fustigeait le bon goût. « Il trouvait le mot grossier », confirme Jérôme Neutres. Et se sauvait du mauvais goût par une ironie mordante, et beaucoup d'humour. Ah ! le diptyque Evi en flic (1997), où la dénommée Evi pose d'abord en tenue intégrale ; puis sans culotte ni pantalon.

Stéphane Leblanc
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