Tueries: le degré d'implication d'Abdelkader Merah au coeur de l'enquête

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Publié le 26 mars 2012.

PARIS - Une semaine après la tuerie de l'école juive à Toulouse, quatre juges d'instruction entament leurs investigations pour tenter d'établir le degré d'implication d' Abdelkader Merah, frère aîné du tueur au scooter et personnage clef de l'enquête sur les sept meurtres, écroué dimanche.

Comme l'a noté lundi le directeur général de la police nationale (DGPN), Frédéric Péchenard, cette enquête devra permettre de déterminer l'"exacte implication" d'Abdelkader Merah, qui réfute toute les accusations.

"Il y a des tas de zones d'ombre dans cette enquête, elle ne fait que commencer", a estimé M. Péchenard sur RTL.

Mohamed Merah, abattu jeudi par les policiers du Raid qui assiégeaient son appartement toulousain depuis une trentaine d'heures, était seul quand il a, au nom du jihad et d'Al-Qaïda, froidement assassiné sept personnes à Toulouse et Montauban entre le 11 et le 19 mars.

Pour autant, les quatre juges antiterroristes nommés pour instruire cette affaire ont mis en examen Abdelkader Merah, qui a été écroué, comme le requerait le parquet. Placées en garde à vue mercredi, sa mère et sa compagne ont été libérées.

Cet homme de 29 ans, connu des services de police pour son engagement de longue date en faveur d'un islam radical, est officiellement soupçonné de complicité d'assassinats sur les trois tueries et d'association de malfaiteurs en vue de la préparation d'actes de terrorisme. Reste à déterminer la nature de cette complicité.

Abdelkader Merah a notamment été mis en examen pour vol en réunion pour avoir participé avec son frère au vol le 6 mars à Toulouse du puissant scooter que Mohamed Merah a utilisé lors des tueries. De source policière, on indique qu'Abdelkader Merah a également fait, pour le compte de son frère, des achats de nature encore indéterminée. Il aurait longuement dîné avec son cadet le 18 mars, la veille de l'attaque de l'école juive, selon une source proche de l'enquête.

On indiquait cependant samedi que l'examen du contenu des ordinateurs d'Abdelkader n'avait alors rien révélé de probant et la perquisition de son domicile n'a mis au jour ni arme, ni explosif, selon cette même source.

Dimanche soir, son avocate Me Anne-Sophie Laguens a précisé que son client réfutait tous les chefs d'accusation portés contre lui et qu'il refusait de devenir "le bouc émissaire des actes de son frère", des crimes qu'il a, selon elle, "fermement" condamné.

"Il ne faudrait pas déplacer le procès qu'on aurait aimé faire à Mohamed Merah sur lui parce que c'est le seul qu'on ait en ce moment", a-t-elle ajouté, en appelant à la prudence face aux informations provenant de sa garde à vue.

"Il n'est pas du tout fier des actes de son frère comme ça a été dit un peu partout dans la presse", a-t-elle dit. "C'est des fuites qu'il y a eu au niveau de la police mais qui n'étaient pas vraies et qui ont été déformées."

Lundi, Nicolas Sarkozy, répondant aux critiques sur l'action de la police dans cette affaire, a affirmé à France Info qu'après les tueries de Toulouse et Montauban, tous les services secrets, de renseignement et de police des démocraties étaient "sur les dents".

Mais il a aussi affirmé qu'il fallait respecter "l'équilibre permanent entre la liberté -tant que vous n'avez pas fait un délit, vous n'avez pas à être arrêté et mis hors d'état de nuire-, la sécurité et la protection que nous devons à nos concitoyens".

Le devenir du corps de Mohamed Merah demeurait incertain. Dimanche soir, la dépouille n'avait toujours pas été restituée à la famille, selon un imam proche de cette dernière.

© 2012 AFP
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