Après un nouveau suicide, les syndicats de la Poste montent au créneau

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Publié le 12 mars 2012.

PARIS - Les syndicats de la Poste ont vivement réagi lundi à l'annonce d'un nouveau suicide au sein du groupe, dénonçant à l'unisson un mal-être des salariés, alors que doivent s'ouvrir dans la semaine des discussions avec la direction sur leurs conditions de travail.

Dimanche, un cadre en arrêt maladie a été retrouvé pendu dans un centre de courrier du Finistère. Dix jours plus tôt, un autre cadre s'était défenestré à Rennes après avoir évoqué dans une lettre son "anxiété professionnelle". Et quelque six mois avant, une employée s'était défenestrée à Paris, l'inspection du travail concluant à "une faute caractérisée" de l'entreprise.

"Mal vivre au travail", "malaise énorme, "syndrome dépressif", "mal-être", "souffrance"... Après le drame de dimanche, les syndicats ont tiré la sonnette d'alarme et appelé la direction à agir d'urgence. Celle-ci a annoncé qu'elle ferait "une première série de propositions" après des discussions cette semaine dans le cadre d'"un cycle d'écoute sur la santé au travail", annoncé par le PDG Jean-Paul Bailly après le drame de Rennes.

Pour la CGT, premier syndicat du groupe, "il faut ré-humaniser la Poste" et "stopper immédiatement les réorganisations".

Le syndicat dénonce une course au profit qui engendre une "véritable catastrophe humaine" au sein du groupe, devenu le 1er mars 2010 une société anonyme à capitaux publics. La CGT souligne notamment que la Poste, qui emploie environ 240.000 personnes, a enregistré "plus de 90.000 suppressions d'emploi depuis 2002", dont 11.700 en 2010 et un peu plus de 10.000 en 2011, par le biais de départs non remplacés.

La CGT souligne en outre que dès le printemps 2010, les médecins de prévention décrivaient "une situation alarmante" et appelaient la direction à "engager des actions concrètes pour enrayer ce qui pourrait devenir un processus morbide".

Or, juge la CGT, "rien n'a été fait" et "aujourd'hui, il n'y a de doute pour personne sur la nature professionnelle du mal-être" des postiers.

SUD, deuxième syndicat du groupe, estime également qu'avec le drame de dimanche, "une fois de plus, les conditions de travail, les réorganisations à La Poste, les méthodes managériales sont en cause".

Evoquant un "malaise énorme", le syndicat réclame "l'arrêt pur et simple des réorganisations et des pressions managériales" et prévient que "ne rien faire maintenant, tout de suite, serait criminel".

FO va dans le même sens, réclamant "l'arrêt immédiat des restructurations et réorganisations", "des suppressions d'emplois et des mobilités contraintes".

Pour la CFDT, "la Poste a rompu le contrat social en donnant à sa stratégie de réduction des coûts la primauté sur l'intérêt général des postier(e)s, sacrifiant ainsi son identité sur l'autel de la rentabilité".

"Le syndrome dépressif qui frappe à La Poste est d'une ampleur alarmante", juge le syndicat.

La CGC appelle de son côté la direction à agir de "toute urgence" pour empêcher de nouveaux drames, tandis que la CFTC propose une semaine de deuil et réclame un moratoire sur les réorganisations.

"Il faut que l'entreprise prenne enfin en considération autre chose que la seule rentabilité financière de court terme dans ses choix de gestion", estime la CFTC, qui avait récemment évoqué une "rentabilité attendue par les (actionnaires) de 10%" et dit redouter que cela conduise à "presser encore un peu plus le citron".

M. Bailly avait assuré la semaine dernière qu'il serait "à l'écoute" des propositions syndicales.

"Simplement, comme on l'a déjà dit depuis longtemps, il y a une condition qui nous paraît vraiment essentielle, c'est que ces propositions permettent effectivement de continuer la dynamique d'adaptation de l'entreprise", avait-il ajouté.

© 2012 AFP
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