Dire qu'adolescent, il ne savait pas dessiner... À 32 ans, Loïc Bruyère donne pourtant des cours dans des écoles de cinéma et d'infographie à Lyon. Le natif de Saint-Etienne s'est même illustré en menant une série humoristique d'animation jusqu'aux grilles de programmation de Canal Family l'an passé. « J'ai ressenti une grande fierté lors de la première diffusion, après tant de sacrifices », se souvient Loïc. Car après avoir été diplômé de l'école de dessin Emile Cohl à Lyon, le graphiste freelance a présenté pour la première fois son concept Nuts, Nuts, Nuts à un concours de la fondation Lagardère en 2007.
La sensation d'être un peu Dieu
Il y gagne un réseau professionnel dans le monde du dessin animé à défaut des 30 000 € récompensant le vainqueur final. Qu'importe, son petit écureuil bleu chamboulant l'existence des autres animaux de la série a séduit. « J'aime par dessous tout raconter des histoires et j'ai trouvé dans le dessin animé le support idéal. Dans Nuts, Nuts, Nuts, je voulais montrer de manière farfelue qu'à être trop individualiste, on courait à sa perte », rapporte celui qui n'a pu être rémunéré que lors des quatre mois de production (13 épisodes de 3 minutes), après une année complète de conception... et de galère. « Il faut vraiment s'accrocher dans ce métier où peu parviennent à en vivre, concède ce fidèle à la région lyonnaise. Grâce au Cartoon Movie (du 7 au 9 mars), il y a maintenant plus d'ouvertures à Lyon, mais c'est sûr que ce n'est pas Paris. » Loïc s'est toujours inspiré davantage du cinéma que de l'univers de la BD. Ses nombreuses références se nomment Les Aristochats, Le Monde de Nemo, Ratatouille et Wall-E : « C'est dingue de constater qu'ils arrivent à nous faire pleurer avec un simple cube en fer ! ». Également peintre et musicien, l'artiste s'imagine désormais lancer ses projets en solo, sans passer par des chaînes et des producteurs, « afin d'éviter les concessions ». S'il avoue avoir atteint son « petit Graal » avec Nuts, Nuts, Nuts, il ne se voit nullement se passer d'une pareille « passion ». « On a toujours la sensation d'être un peu Dieu lorsque l'on crée un monde nouveau de A à Z », songe-t-il même.