Deux journalistes, un Français, Rémi Ochlik, 28 ans, photographe, et une Américaine Marie Colvin, correspondante pour le Sunday Time, ont été tués mercredi dans les bombardements de l'armée syrienne sur Homs. « Les roquettes se sont abattues sur un centre de médias, où se retrouvaient les journalistes. C'était connu par les autorités », a estimé Gilles Lordet, responsable éditorial à Reporters sans frontières. Ce qu'a réfuté le ministère syrien de l'Information, la thèse de tirs délibérés reste cependant ouverte. Le grand reporter de Libération, Jean-Pierre Perrin a indiqué, en effet, hier au journal britannique The Telegraph que selon une conversation radio interceptée par les services secrets libanais, les autorités syriennes auraient donné l'ordre de « tuer n'importe quel journaliste qui pose le pied sur le sol syrien ». Alain Juppé, ministre des Affaires étrangères, déclarait, quant à lui, hier « les autorités syriennes responsables et comptables de la mort » des reporters, ajoutant « Damas nous doit une réponse ».