«Bonjour, c'est l'accueil. Une jeune femme de 22 ans victime de violences sexuelles vient de se présenter. Elle a besoin d'aide. » Flavia Invernizzi recueille les premières infos : « Elle a déjà été entendue ? OK, je viens la chercher. » Dans un bureau au rez-de-chaussée de l'hôtel de police du Heyritz, l'assistante sociale accueille et renseigne les victimes d'infractions pénales. Elle les aiguille, le cas échéant, vers des structures adaptées (hébergement, aide psychologique...). Détachée par l'association Accord, elle agit « en complément des policiers » sans interférer dans leurs enquêtes, sans qu'ils n'empiètent dans son travail social. Avant la création de son accueil en 2004, seules les coordonnées des associations d'aide aux victimes étaient remises. « Avec un point dans le commissariat, on gagne en proximité, estime le commandant honoraire Christian Binetruy. En outre, en raison du devoir de neutralité des policiers, les gens pensent parfois que leur qualité de victime n'est pas respectée. Ici, on leur prouve le contraire. »
Une demande en hausse
Si chaque plaignant peut bénéficier gratuitement de son aide, Flavia Invernizzi reçoit surtout des victimes de faits graves : viols, agressions, suicides ou homicides d'un proche, vols... L'an dernier, sur les 984 dossiers qu'elle a traité, 80 % relevaient d'atteintes aux personnes, 775 concernaient des femmes, victimes de violences conjugales pour plus de la moitié d'entre elles. « Quelque 570 affaires étaient liées à la sphère familiale », dit-elle, précisant que les deux tiers des aidés étaient sans ressources ou gagnaient moins que le SMIC. Chaque année, les bénéficiaires « augmentent de 10 % », note Christian Binetruy, pointant que Flavia Invernizzi, assistée d'une psychologue, est la seule à assurer ce service en zone police dans le Bas-Rhin. Une seule personne aussi remplit la mission en secteur gendarmerie. Une mutualisation des moyens des deux administrations est souhaitée, notamment dans les circonscriptions de Haguenau et de Sélestat.