Il y a deux façons d'analyser le possible rapprochement, annoncé mercredi, entre PSA Peugeot-Citroën et l'américain General Motors (propriétaire notamment de la marque Opel). Il y a celle, enthousiaste, des marchés qui ont bondi en l'apprenant. Et il y a celle, inquiète, des salariés qui redoutent d'être les perdants de l'opération. L'enjeu principal des deux groupes est aujourd'hui, en effet, de résoudre leur problème de surcapacité en Europe, alors même que la campagne présidentielle attise les inquiétudes sur le marché de l'emploi industriel.
Surcapacité en Europe
En confirmant mercredi, à demi-mot, un projet de partenariat, les deux constructeurs automobiles laissent entendre qu'ils pourraient réaliser des économies d'échelles sur les achats, le marketing ou les investissements futurs, mais aussi de coopérer dans la production en réduisant au passage les capacités et le nombre d'usines en Europe. Ravivée par la chute des ventes automobiles en Europe, entamée l'été dernier, la question inquiète les pouvoirs publics. Ainsi, le gouvernement français a d'ores et déjà indiqué qu'il serait vigilant concernant l'emploi, si une alliance venait à être nouée. « Vous me permettrez d'être exigeant sur ce point », a par exemple commenté, mercredi, le ministre du Travail Xavier Bertrand, sur Europe 1, jugeant par ailleurs qu'un rapprochement entre groupes permettrait à PSA de « changer de taille ». Quant à General Motors, cette alliance assoirait un peu plus sa place de numéro un mondial, trois ans après avoir évité la faillite.