Le froid intense, les agriculteurs du Rhône le subissent chaque année. Mais rarement sur une aussi longue période. Si bien que depuis les deux semaines glaciales de début février, de nombreux maraîchers déplorent la perte de certaines cultures hivernales. « Les températures très négatives sont arrivées après un temps clément. Les cultures de poireaux, choux frisés, raves poussant en plein champs étaient en pleine maturité quand le froid et le vent du nord sont arrivés », explique Christiane Riche, présidente des maraîchers du Rhône. Sur son exploitation de Vaugneray, Rémi Gillet a limité les pertes. « Mais certains maraîchers qui vendent leur produit avec moi à Craponne n'ont pas été épargnés. Nous parvenons quand même à nous compléter », indique l'agriculteur. A la ferme lyonnaise où il distribue sa production, les rayons restent donc encore bien garnis. Mais sur les marchés du département, certains étals ont pâle figure. Et ils pourraient manquer de diversité pendant un moment encore, le froid ayant également retardé les plantations de saison. La mâche et les pommes de terre devraient par exemple être vendues avec deux bonnes semaines de retard. « Et par conséquence, nos rentrées d'argent vont également être retardées ou moins importantes », ajoute Rémi Gillet, qui espère bien rattraper ce manque à gagner par les cultures à venir.E. F.
« Les consommateurs n'ont pas pâti du froid », explique Christiane Riche, précisant que les prix sur les étals n'ont pas progressé mais pourraient toutefois augmenter ces prochaines semaines sur certains produits très touchés par le gel. « En revanche, certains agriculteurs ont perdu toute leur récolte et vont subir de très grosses pertes », ajoute la présidente.