Un nouveau ministère a vu le jour, celui « de la crise des banlieues ». Depuis hier matin une trentaine de membres d'Aclefeu (Association collectif liberté, égalité, fraternité, ensemble, unis) – collectif né à Clichy-sous-Bois (Seine-Saint-Denis) suite aux révoltes dans les banlieues après la mort de Bouna et Zyad en 2005 – ont posé leurs banderoles et se sont installés pacifiquement dans un hôtel particulier au 26 rue Geoffroy-l'Asnier (4e arr.). Des miroirs immenses, des moulures et des pancartes : « Pour une politique choisie et non subie. » Cette opération symbolique vise les présidentiables qui, au goût du collectif, ne parlent pas assez des quartiers populaires. « Les candidats ne franchissent pas le périphérique, insiste Mohamed Mechmache, président d'Aclefeu. On leur tend la main en s'installant à 1 km de leurs quartiers généraux. » Le collectif occupe les lieux pendant 48 h et espère la visite de candidats à l'élection présidentielle pour leur présenter ses propositions. « La cocotte-minute est encore en train de bouillir, reprend Mohamed, en référence aux émeutes de 2005. On est venu pour prévenir plutôt que guérir. » Hier après-midi, Bertrand Delanoë (PS), maire de Paris et Dominique Bertinotti (PS), maire du 4e sont venus discuter avec ces militants. Et le président de l'association assurait que des contacts avaient été pris par les équipes de François Hollande (PS), Dominique de Villepin (RS) et Eva Joly (EELV).O. G.