Double meurtre du Pont de Neuilly: La cour s'intéresse à la personnalité de David Sagno

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Publié le 21 février 2012.

JUSTICE - Le procès de David Sagno, jugé pour le meurtre de deux femmes, s'est ouvert lundi à Nanterre...

L'accusé parle d'une voix douce, les mains jointes devant lui, comme un petit garçon. Pourtant, si David Sagno se trouvait lundi devant la cour d'assises des Hauts-de-Seine, à Nanterre, c'est pour répondre de deux meurtres particulièrement violents. D'abord celui de Marie-Agnès Bedot, poignardée avec un couteau à pain dans les escaliers du pont de Neuilly, en 2001. Puis celui de Maria-Judith Araujo, étranglée et égorgée avec un tesson de bouteille au même endroit, en 2002. Marc Machin avait d'abord été accusé du premier meurtre, pour lequel il a purgé sept ans de prison. Ce sont les aveux de David Sagno, qui s'est rendu volontairement en 2008, qui ont permis de l'innocenter. Machin, incarcéré pour une autre affaire, doit être entendu aujourd'hui en qualité de témoin.

Nourriture pour chien

La première journée du procès, qui doit s'achever vendredi, a été presque intégralement consacrée à la personnalité de l'accusé. A commencer par son enfance pas vraiment heureuse à Gonesse, dans le Val-d'Oise, qu'il raconte d'une voix posée, avec une élocution parfaite. Septième d'une famille de neuf enfants, «les parents le considéraient comme attardé car il était né prématuré, témoigne l'une de ses sœurs. Une fois, notre père lui a fait manger de la nourriture pour chien pour l'humilier.» A 16 ans, il tombe dans l'alcoolisme; à 23, il se retrouvera à la rue. Mais ne présente pas à ce moment-là un caractère violent, d'après ses proches. «Il était très calme, très gentil, dit sa sœur. Il aimait les animaux, il ne voulait jamais blesser les insectes.»

>> Pour tout comprendre le l'affaire du double meurtre du Pont de Neuilly, c'est ici

Seulement David a deux démons: les voix qu'il entend et l'alcool qu'il ingurgite pour les faire taire. «Il présente une psychose paranoïde, c'est-à-dire qu'il a beaucoup d'idées délirantes», analyse le docteur Bernard Cordier, psychiatre. «Il avait besoin d'effectuer des rituels, en rapport avec la sorcellerie.» L'expert conclut cependant qu'au moment des faits, le discernement de David Sagno n'était pas aboli mais seulement altéré. Ce qui signifie qu'il est accessible à une sanction pénale. «Et s'il sortait demain?», demande le procureur. «Le risque est qu'il arrête son traitement et que tout recommence.»

Hélène Colau
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