Ils avaient quitté leur théâtre étroit de la rue Dugommier pour s'installer, plein d'espoir, au second étage du centre commercial Beaulieu. Une scène flambant neuve de 95 places et un superbe espace d'exposition les attendaient. Pourtant, un an après, l'heure est à la désillusion pour les responsables de la Maison de la marionnette. La structure familiale a enregistré 10 000 visites, soit bien moins que prévu. Les finances sont au plus mal.
« On fait souvent salle comble en vacances scolaires mais le reste de l'année, c'est creux. On joue même à perte ! Résultat, nous avons huit mois de loyer en retard de paiement. On est complètement étranglés. On se tue la santé uniquement pour payer nos dettes. Si on ne remonte pas la pente en 2012, je crains qu'on ne mette la clé sous la porte », s'alarme Serge Couturier, le directeur.
Lieu mal identifié
Les explications sont multiples. « La météo du printemps nous a été défavorable. En déménageant, on a aussi perdu des habitués du centre-ville. Mais, surtout, la notoriété du lieu est encore très insuffisante. La plupart des clients ignorent qu'il existe un théâtre de marionnettes dans le centre commercial. C'est encore pire pour nos spectacles du dimanche quand le reste du centre est fermé. » Pour s'en sortir, Serge Couturier mise sur un sursaut du public et des écoles nantaises. Il souhaiterait également l'aide des collectivités. « Ce théâtre est unique dans la région. S'il ferme, c'est une tradition nantaise de 75 ans qui s'envole. »
La Maison de la marionnette est ouverte tous les jours, à 16 h, pendant les vacances. Le reste de l'année, les spectacles sont donnés le mercredi, samedi et dimanche à 16 h. Entrée : 6 €. A l'affiche jusqu'au 4 avril : Pierre et le loup. Le théâtre de Jeanne, le Cabanier et le TNT proposent aussi, parfois, des spectacles de marionnettes.