Habité par une soif « de vérité », Thierry Walter brandit des analyses, détaille des « preuves » accumulées en trois ans. Et pourtant, la justice « ne fait rien ». Le 21 septembre 2008 en fin de matinée, son fils Maxime est conduit au CHU de Hautepierre après une chute à vélo. Deux jours plus tard, le cycliste de 15 ans décédera des suites d'une hémorragie interne et de multiples transfusions.
« Un homicide volontaire »
Selon son père, rien qu'entre 14 h et 18 h, le jour de son admission, 15 poches de sang lui ont été administrées. Le rapport d'instruction en évoque quatre. « Nous demandons une contre-expertise, mais on nous la refuse », a dénoncé, vendredi lors d'un point presse, Jean-Christophe Coudris, l'un des avocats des Walter. Parlant de « manipulations, de machination », il avance que des pièces du dossier ont été « falsifiées » pour couvrir l'hôpital et des médecins. Assistant a priori à un match de foot, un chirurgien, alerté avant 14 h, n'était arrivé sur place que vers 18 h. Là, alors que les parents de Maxime le pressaient d'ablater la rate de leur fils, il avait refusé, persistant à prolonger le traitement non opératoire qu'il avait ordonné à des infirmières, par téléphone, dans l'après-midi. Il a depuis été mis en examen pour homicide involontaire par négligence. « Après avoir vu l'état de Maxime, il avait encore le choix de l'opérer. Il ne l'a pas fait en sa pleine conscience », déplore Nicolas Fady, un autre conseil des Walter. Dès lors, dit-il, le chef d'inculpation doit être requalifié « en homicide volontaire ».P. W.