«Traduire Le vieil homme et la mer était pour moi un projet ancien, raconte l’écrivain et chercheur François Bon, avec des souvenirs venus d’une enfance dans un recoin pauvre, le littoral vendéen à l’Aiguillon-sur-Mer, ses ostréiculteurs, le travail sur la digue où j’accompagnais mon père et mon grand-père. Parler lent, parler rare, épreuve continue des éléments de nature». Cette traduction personnelle et originale, François Bon l’avait achevée, et mise à disposition sur son site publie.net, coopérative de textes qui propose plus de 500 livres numériques en téléchargement. A la suite de 22 téléchargements d’internautes de sa traduction, Gallimard demande des dédommagements.
«Ce [vendredi ] matin, M. Antoine Gallimard, (…) demande le retrait immédiat de cette traduction, et réclame des dédommagements» poursuit l’auteur sur son blog Le Tiers Livre. Gallimard détient les droits de l’auteur en France, qui est tombé au Canada dans le domaine public cette année 2012, mais pas encore aux Etats-Unis.
François Bon, très impliqué dans la réflexion sur les liens entre littérature et Internet, et chantre des nouveaux médias, se dit «usé, poussé à bout, irrité. C’est à la création que ceux-là en veulent. Ils sont prêts à tous les gâchis pour maintenir leur pouvoir».
Il interrompt momentanément les publications prévues sur publie.net et envisage l’arrêt total du site. Au-dessus de son billet, une photo: «Ci-dessus, photographie de mon père devant la mer. Cette traduction du Vieil homme et la mer lui était à chaque page dédiée».