Un vaste hangar du côté de Nice Est. A l'intérieur, vingt chars à décorer de A à Z. Pas de panique : nous ne sommes pas à la Maison du Carnaval, où les grosses têtes sont fin prêtes à quelques heures de la première sortie du roi du sport*. Plutôt dans les coulisses de la bataille de fleurs. Hier, à J - 2 du baptème du feu, le travail d'orfèvre a commencé pour la cinquantaine de fleuristes mobilisée. « Les producteurs nous ont livré 90% de la marchandise. Il faut maintenant préparer chaque fleur une à une, lui retirer ses feuilles, couper la tige, la mettre en eau... », détaillait hier après-midi Nicole Merlino, horticultrice et chef d'orchestre de ce ballet parfumé.
« Art éphémère »
Un travail de fourmi méticuleux... et titanesque : chaque char compte en effet quelque 2 500 fleurs. Hier, c'est sur celui de l'aigle de Nice que Pierre s'affairait. Objectif : cajoler lys, roses, tulipes, orchidées et autres fleurs tropicales qui donneront à l'oiseau son panache... Avant le piquage d'aujourd'hui. « Rien que pour les ailes, ça va nous occuper 6h », explique le fleuriste niçois, « toujours touché de participer à ce rendez-vous folklorique. » Ce soir, les chars devraient avoir revêti leurs habits fleuris avant leur première sortie, prévue demain à 14 h 30. « Un art floral passionnant et éphémère, à recréer avant chaque défilé », conclut Nicole Merlino.