L'histoire se répète tous les deux ou trois ans. Dès qu'un incident perturbe sérieusement la circulation du pont de Saint-Nazaire, le besoin d'un nouveau franchissement de l'estuaire de la Loire se fait sentir. Cela s'est reproduit la semaine dernière lorsqu'une panne électrique a anéanti le système de gestion des voies. Un dysfonctionnement de trop pour l'opposition départementale (élus de droite et du centre) qui s'est inquiétée ouvertement hier de la « vétusté du pont ».
Lourds travaux à venir
Il faut dire que plus de 64 millions d'euros ont été engagés au budget 2012 pour des travaux de réhabilitation du pont. « Nous sortons de l'entretien courant, signale l'opposition. Ces chiffres sont d'autant plus inquiétants qu'il est prévu une augmentation de plus de 20 % du trafic d'ici cinq ans avec une hausse importante de la circulation des poids lourds due à l'autoroute de la mer. » Voilà pourquoi les élus demandent au conseil général de « prévoir un nouveau franchissement sur la Loire et de définir rapidement le site d'implantation. »
L'Etat reste muet
La majorité du conseil général n'ignore rien de la situation. Elle a en effet conduit des études concluant qu'un franchissement à hauteur de Paimbœuf coûterait entre 520 millions (pour un pont) et 780 millions d'euros (tunnel). Mais pour aller plus loin, elle considère qu'un engagement de l'Etat est « indispensable », ne serait-ce que pour intervenir sur les contraintes environnementales de l'estuaire.
« Or l'Etat n'a pas donné un seul signe positif, fait savoir Yves Daniel, vice-président PS du conseil général. Il a refusé de coorganiser un débat public, a écrit que “l'intérêt national du projet n'était pas démontré”, a manifesté la volonté de classer l'estuaire en réserve naturelle nationale, n'a pas inscrit ce projet dans le schéma national d'infrastructures de transport... » La majorité en tire deux conclusions : « L'Etat ne souhaite pas de nouveau franchissement mais ne veut pas le dire, ni en donner les raisons. Et force est de constater que la droite départementale peine à porter ses revendications au niveau national. »