La guerre est encore déclarée. Les opposants à l'incinérateur Flamoval n'ont pas baissé les bras. Les premiers essais de cet équipement décrié ont pourtant débuté cette semaine à Arques, près de Saint-Omer. Tout d'abord des chasse-vapeur, pour nettoyer les tuyaux, puis, la semaine prochaine, l'incinération des premières ordures. Sa mise en service pourrait débuter en mai. « C'est une nouvelle très désagréable pour la population », enrage Philippe Richard, l'un des lanceurs d'alerte sur ce dossier.
Paradoxalement, Flamoval allume ses fours alors que ses promoteurs viennent d'essuyer une défaite au tribunal. Le 31 janvier, la cour administrative d'appel de Douai avait confirmé une première décision de justice qui annulait la signature du marché de génie civil. « Il y a eu également un début d'incendie sur un générateur électrique le 1er février, cela démontre bien que le risque zéro n'existe pas », glisse Thierry Willaey, adjoint au maire (EELV) à Hazebrouck. D'autres recours vont être examinés par la justice. Une association en a, par exemple, deux en stock. « La partie n'est toujours pas perdue, on garde espoir », confie Daniel Desmont, son vice-président. Seul l'industriel Bonduelle préfère garder le silence. Le groupe a averti qu'il pourrait fermer son usine, située à deux kilomètres, en cas de pollution.Gabriel Thierry
Le coût de Flamoval est évalué désormais à 80 millions d'euros. Le projet avait été lancé par le syndicat mixte de Flandre Morinie (SMFM) pour remplacer l'ancien équipement situé près de Saint-Omer, plus aux normes. Contesté, le projet avait été amendé par le préfet, qui avait modifié à la baisse les capacités de l'incinérateur, de 114 000 tonnes à 92 500.