Dans quatre ans, l'Hôtel-Dieu présentera un tout autre visage (lire notre édition du 8 février). Même si les murs seront entièrement conservés, l'intérieur du bâtiment hébergera une véritable galerie commerciale tendance. De quoi alimenter les critiques et nourrir des regrets. Afin de conserver quelques traces du passé, plusieurs associations regroupées au sein d'un collectif, ambitionnent d'utiliser les 4 000 m² restant pour développer un musée de la santé. « Ça ne sera pas un musée banal, explique le professeur René Mornex, président de l'association des amis du Grand Musée de la Santé. Nous voulons quelque chose qui se rapproche de la Cité des sciences de Paris » (lire l'encadré).
Maintenir une âme
Mais cet ambitieux projet pourrait ne jamais voir le jour, faute de financement suffisant, et faute d'avoir pour le moment un opérateur. « Nous avons encore deux mois pour en trouver un, précise René Mornex. Si Eiffage (promoteur) considère qu'il n'y a pas de chance que ce projet se concrétise, il ne se fera pas. » Selon le collectif, la mairie de Lyon a d'ailleurs toujours refusé de verser un seul centime d'euro. « Le maire dort. Si Gérard Collomb ne se bouge pas, il n'y aura pas de musée, martèle le docteur Raphaël Nogier. Il ne se rend pas compte de l'importance de la médecine à Lyon, et surtout que les habitants ont envie d'avoir ce musée ». « Nous voulons maintenir une âme dans ce vaste projet de réhabilitation qui est globalement très commercial, et conserver la mémoire de l'Hôpital, poursuit l'un de ses confrères. Si cette âme n'est pas présente au final, ça sera un échec total ». « C'est même toute la mémoire de la médecine lyonnaise qui disparaîtra, plaide René Mornex. Que reste-t-il de l'ex-hôpital de l'Antiquaille aujourd'hui ? Personne ne s'en souvient. » « Il ne s'agit pas d'un projet corporatiste mais de faire rayonner Lyon à l'international, argumente un troisième. On sait par exemple que les Japonais sont très friands de ce genre de musée ».
Un quart de la surface serait dévolu aux différentes collections et le reste du musée serait consacré à la pédagogie. « La médecine évolue à une vitesse folle, déclare René Mornex. L'objectif est d'arriver à faire comprendre aux enfants l'intérêt de ces évolutions ». Des simulacres pourraient être proposés au grand public.