« C'est La France qui a payé mes études »

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Publié le 15 février 2012.

société La circulaire Guéant menace la carrière en France de Sahar, une iranienne diplômée à Lyon

Jusqu'à début janvier, Sahar, une Iranienne de 28 ans, imaginait sa vie en France. A la fin de ses sept années d'études de pharmacie passées à Lyon, cette jeune femme a décroché en septembre un poste spécialement créé pour elle dans le département « essais cliniques en cancérologie et maladies rares » d'un laboratoire parisien. Mais tout a basculé lorsque la pharmacienne, titulaire d'une carte de séjour d'étudiant étranger, s'est vue refuser le statut de salariée. « La réponse est tombée juste avant l'assouplissement de la circulaire Guéant du 12 janvier, explique Sahar. La préfecture de Paris a appliqué le texte du 31 mai ». Une circulaire qui, dans sa première version, restreignait fortement les possibilités pour un étranger diplômé en France d'être embauché dans l'Hexagone.

Quelques mois de sursis
Une fois le refus notifié, Sahar a dû démissionner en 24 heures. « Je me suis retrouvée sans emploi du jour au lendemain. Et je ne peux rien faire pour changer cela », déplore la jeune fille, arrivée à Lyon en 2002 pour « voyager et découvrir une autre culture ». Loin de se parents restés en Iran, elle y passera finalement neuf ans. « J'ai créé ma vie d'adulte ici, je me suis construit une seconde famille, explique la jeune pharmacienne, triste à l'idée de devoir tout quitter. C'est la France qui a payé mes études. Elle a investi dans mon avenir pour m'empêcher finalement de mettre mes connaissances au service de la science et de l'économie du pays ». Isabelle, sa meilleure amie, également de mère iranienne, partage son incompréhension. « Elle a tout fait pour s'intégrer, pour réussir. Et le jour où elle décroche le boulot de ses rêves, on lui dit non. Je ne comprends pas. C'est très décevant pour l'image de la France », explique cette Lyonnaise. En septembre, une fois sa thèse en poche, Sahar devra faire un choix : quitter la France pour travailler ailleurs ou retenter sa chance pour obtenir le statut de salarié. « Mais pour cela, il faudra que je trouve un autre employeur qui prenne le risque de me faire une promesse d'embauche, de me réserver un poste, sans être sûr que j'obtienne mon changement de statut ».

élisa Frisullo
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