L'ancien directeur de la prison de Versailles devant les juges pour sa liaison avec «l'appât» du gang des barbares

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Publié le 15 février 2012.

JUSTICE - Florent Gonçalves comparaît ce mercredi pour sa relation avec Emma alors que celle-ci était détenue dans son établissement...

Briser sa vie et celle de ses proches par amour. Florent Gonçalves «ne regrette rien», écrit-il dans un livre à paraître jeudi (lire ci-dessous). C'est sans doute ce qu'il martèlera ce mercredi devant les juges du tribunal correctionnel de Versailles (Yvelines). Cet ancien directeur de la maison d'arrêt des femmes de Versailles est poursuivi pour avoir remis à une détenue dont il était tombé amoureux de l'argent ainsi que des puces électroniques pour téléphoner. Un amour impossible qui peut lui coûter jusqu'à trois ans de prison et 45.000 euros d'amende.

Traitements de faveur

L'affaire a été révélée au grand jour en janvier 2011. Au terme d'une enquête poussée de plusieurs mois, les policiers se sont rendu compte que Florent Gonçalves, 42 ans et très bien noté par sa hiérarchie, entretenait depuis décembre 2009 une relation particulière avec Emma, 23 ans, condamnée à neuf ans de prison pour avoir tendu un piège en janvier 2006 à Ilan Halimi, un jeune juif torturé à mort pendant 24 jours par le «gang des barbares».

Messages sur Facebook, SMS, conversations téléphoniques… Gonçalves et Emma ne se contentent pas d'un amour à distance. Ils multiplient les rendez-vous secrets dans la salle informatique de la prison. Rapidement, le batifolage devient trop visible à la maison d'arrêt. Deux détenues, qui y voient un traitement de faveur, se plaignent au contrôleur général des lieux de privation de liberté, qui prévient alors la justice. Emma, soupçonnée de recel dans cette affaire, est même surnommée par ses co-détenues «la directrice».

La situation s'envenime lorsqu'un autre surveillant de prison, Olivier Pinson, lui aussi poursuivi dans le dossier, tombe sous son charme. «L'amour est à la fois la raison de sa faute et sa meilleure circonstance atténuante», explique Me Pascal Garbarini, l'avocat de Gonçalves. «L'administration pénitentiaire surréagit. Car on lui reproche d'avoir transmis 300 euros et des puces. Or dans le milieu carcéral, c'est courant», poursuit-il. De son côté, l'administration pénitentiaire se refusait mardi à tout commentaire.

William Molinié

Emma, entre manipulation et jeu de séduction

Lorsque l'affaire éclate début 2011, Emma est soupçonnée par les policiers d'avoir manipulé Florent Gonçalves pour obtenir des faveurs et vivre une détention moins pénible. Cette belle jeune femme brune de 23 ans a été libérée en janvier et a retrouvé sa mère, réfugiée iranienne, et sa sœur, handicapée. «Même vêtue d'un simple tee-shirt, son physique attirait déjà l'œil par ses formes généreuses», raconte Florent Gonçalves.

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