Profession respectée et bénéficiant d'une bonne image auprès du public, les pompiers sont peu souvent sous le feu des critiques. Dans sa dernière synthèse, la chambre régionale des comptes (CRC) de Bretagne s'y essaie pourtant, pointant notamment du doigt le manque de mutualisation des moyens entre les différents centres de secours. « La question mérite d'être posée compte tenu de la situation financière des départements », précise Michel Rasera, président de la CRC.
L'achat groupé de matériel
Avec 93 centres de secours sur son territoire, l'Ille-et-Vilaine concentre une bonne partie des critiques. « C'est moitié plus que dans les autres départements alors que la superficie à couvrir et le nombre d'interventions sont les mêmes que dans le Finistère », souligne Michel Rasera. Dans le viseur de la CRC également, le nombre trop élevé de sapeurs-pompiers plongeurs dans la région. « Il y a en 220, ce qui ne se justifie pas au regard du nombre et du type d'interventions réalisés », détaille le rapport. Dans sa chasse aux dépenses inutiles, la chambre des comptes recommande de mutualiser les achats de camions et de matériel, une pratique encore très peu développée. Quitte à s'attirer les foudres des pompiers professionnels, la chambre note également que « le potentiel des sapeurs-pompiers volontaires est insuffisamment utilisé » dans les grandes villes comme Rennes. L'intervention d'un volontaire coûte il est vrai près de quatre fois moins cher que celle d'un professionnel
A la fin de l'année la Bretagne comptait 1 662 sapeurs-pompiers professionnels et 9 642 volontaires. En 2010, ils sont intervenus 168 145 fois. Il s'agit dans 72,5 % des cas de secours à la personne, contre seulement 8,4 % pour des incendies.