La Banque de France tord le cou au « catastrophisme ambiant ». Son enquête annuelle dépeint une situation économique en Pays de la Loire pas aussi morose qu'imaginé. L'analyse de Catherine Boucher, directrice régionale de l'établissement.
Comment se porte l'industrie, au vu des résultats de votre enquête ?
Il y a eu un vrai rebond des chiffres d'affaires (+ 9 %) en 2011, supérieur aux prévisions (+ 7 %). La reprise des exportations, notamment grâce aux ventes de paquebots des chantiers navals STX et des avions d'Airbus, tire la croissance. L'activité devrait continuer à progresser en 2012, de l'ordre de 3,3 %.
Quid du secteur agro-alimentaire, gros employeur de la région ?
Le secteur, qui avait bien tenu pendant la crise de 2008-2009, continue de se développer raisonnablement. Sa rentabilité a été affectée l'an passé par la grosse volatilité des cours des matières premières : il est difficile de répercuter ces hausses en cours d'année, car les entreprises sont liées par des contrats annuels avec la grande distribution.
La crise n'a pas l'air très présente...
Le résultat n'est pas linéaire, c'est vrai : il y a eu un ralentissement à partir de l'été. Un potentiel de croissance a été perdu, et ne se rattrapera pas... Mais l'année demeure correcte. Et aucune entreprise ne nous annonce de catastrophe proche.
Le moral des chefs d'entreprises est donc plutôt bon ?
A les écouter, ils ne disent pas que tout va mal, ce sont plutôt les médias... Sur les 1 850 entreprises qui ont répondu, la plupart prévoient quand même un maintien de leur activité en 2012 ! Après, même si le début d'année semble favorable, il y a de grosses incertitudes. On peut très bien assister à une reprise rapide, comme à un effondrement.
L'enquête annuelle de la Banque de France a reçu 1 850 réponses d'entreprises basées en Pays de la Loire, soit un total de 230 000 emplois. Sont représentés l'industrie, les services marchands, le BTP et le négoce de gros de biens d'équipements.