C'est une décision historique qui leur a mis du baume au cœur. Les travailleurs intoxiqués par l'amiante dans la région ont suivi de près la condamnation, hier par la justice italienne, de deux dirigeants de la société Eternit. Jugés responsables d'environ 3 000 morts, ils ont écopé de 16 ans de prison. « C'est une première mondiale, explique Pierre Pluta, président de l'Andeva (association de défense des victimes de l'amiante). Je salue l'intégrité des procureurs qui n'ont pas hésité à mettre en cause les plus hauts responsables de cette multinationale ». « C'est une avancée juridique majeure », souffle à l'unisson le député Jean-Pierre Decool (UMP). L'Andeva espère désormais que cette décision aura valeur d'exemple en France. Où, justement, rien ne va plus : l'Andeva parle de « naufrage judiciaire », suite au dessaisissement de la juge d'instruction en charge du dossier Eternit. En France, l'amiante était utilisée comme isolant jusqu'en 1997, date de son interdiction.G. T.