La Mairie passe la main aux Parisiens. Ou du moins, elle les incite fortement à faire usage de leurs droits de citoyens avec un nouveau spot sur le dispositif d'e-pétition. Sous le slogan « Une bonne idée pour Paris ? Prenez la main », celui-ci met en scène des Parisiens exaspérés par un motard sans gêne… qui voit instantanément son engin se muer en cheval à bascule. Le film tournera dès aujourd'hui sur les réseaux sociaux. « L'e-pétition existe depuis 2009 (lire encadré) et personne ne connaît ce dispositif », déplore Hamou Bouakkaz, adjoint (PS) au maire de Paris chargé de la démocratie locale et de la vie associative. Son fonctionnement est pourtant simple : tout Parisien, de nationalité française ou non, peut lancer une pétition* concernant la vie locale. Si 1 % des Parisiens, soit 18 190 personnes, la signent, le Conseil de Paris s'engage à débattre du sujet.
Compétences municipales
« Cela existe déjà à Berlin, où des piscines et des équipements culturels ont été construits après une pétition, rapporte Hamou Bouakkaz. Pour l'instant, à Paris, on n'en a reçu que 92, dont 37 seulement ont été validées. » Car certaines propositions, par exemple sur la diminution des peines de prison, ne concernaient en rien les compétences de la Ville. Pour avoir une chance d'arriver jusqu'aux élus, un texte devra concerner la voirie, l'environnement, la propreté, les équipements municipaux… C'est bien le cas des quinze pétitions actuellement en ligne, qui réclament un bus de quartier à Belleville, un espace chiens dans le parc Clichy-Batignolles ou encore l'interdiction du Wi-Fi dans les jardins publics à proximité des écoles. Le seul problème, c'est qu'elles n'ont recueilli qu'entre une et quarante-neuf signatures… « On évaluera cet outil dans six mois, promet l'adjoint à la démocratie locale. Si ça ne marche pas, on pourrait par exemple abaisser le nombre de signatures nécessaires pour interpeller le Conseil. »
En 2009, la Mairie tente d'honorer une promesse de campagne en lançant le droit de pétition. La même année, la préfecture demande l'annulation du dispositif, estimant qu'il ne pouvait s'adresser qu'aux électeurs, donc aux personnes de nationalité française, et non à tous les citoyens majeurs. Elle a été déboutée en février 2011. En mai dernier, la Mairie décidé d'abaisser le seuil de signatures nécessaires de 3 % à 1 % des Parisiens.