Après le conseil général la semaine passée, la région a voté, hier, une convention de cofinancement du Grand contournement ouest (GCO). Les deux collectivités verseront chacune 3,25 millions d'euros à Vinci, le concessionnaire de cette future portion à péage de 24 km entre l'A 4 (Vendenheim) et l'A 35-A 352 (Duttlenheim). L'Etat subventionnera, lui, à hauteur de 10 millions d'euros ce projet de 536 millions censé désengorger la traversée et les entrées de Strasbourg.
Désengorgera ou pas l'A 35 ?
Tout en reconnaissant que le projet « revient un peu cher », Philippe Richert, le président (UMP) de la région a précisé, hier, que la participation de la collectivité ne « concerne que l'accompagnement environnemental du dossier ». La motion pointe que le GCO est une « opportunité » pour la préservation du grand hamster d'Alsace par l'acquisitions de terrains. Un argument que réfutent les opposants au projet. Saisie par l'association GCO non merci, la Commission européenne devrait d'ailleurs étudier ces mesures en mars et se prononcer sur l'implication de la France dans la préservation de cette espèce menacée.
« Le GCO détruira aussi dans le Kochersberg 400 ha des meilleures terres agricoles de notre région, déplore l'élu (PS) Alain Fontanel, alors même qu'il est « contestable dans ses objectifs », c'est-à-dire le désengorgement de Strasbourg. « Le trafic sur l'A 35 s'est stabilisé depuis quelques années autour de 165 000 véhicules par jour au point de comptage de Cronenbourg. Le potentiel de report sur un éventuel GCO devrait être au maximum de 17 000 véhicules, soit moins d'un véhicule sur dix », estime-t-il. Et ce d'autant plus, souligne l'écologiste Antoine Waechter, que du fait de son tarif, 13,50 €, la contournante ne devrait pas attirer les poids lourds, alors qu'ils sont en théorie sa principale cible : « Ils viendront se perdre sur les petites routes pour éviter le péage. »
Dans les cartons depuis 30 ans, le GCO devrait entrer en service à l'été 2016.