Midi approche et la cuisine collective est animée à la pension de famille Marie Heurtaut. Inauguré il y a quelques jours mais ouvert depuis le 1er décembre, le bâtiment accueille une quinzaine de résidents « accidentés de la vie ». « Tous ont un parcours différent et sortent d'un moment difficile. Ils sont en reconstruction. L'objectif de la pension, c'est de les guider vers l'autonomie », détaille Philippe Boquien, président départemental d'Habitat et humanisme, association en charge du foyer. Pour lancer leur « nouvelle vie », les résidents bénéficient d'un logement à moindre coût. « La clé de l'appartement pourrait ouvrir bien d'autres portes », ironise Sébastien*, l'un des locataires.
Briser la solitude
« Pour exister en tant que citoyen, il faut avoir une adresse. Certains ont emménagé ici avec un sac plastique », ajoute le président de l'association. Au foyer, chacun dispose de son propre studio, mais le travail de réinsertion se joue dans les salles communes. « Tout le monde peut apporter quelque chose à l'autre. Ils ont plus de chances d'unir leurs forces que de cumuler les handicaps. Ici, les gens réapprennent à vivre avec les autres », commente Philippe Boquien. C'est le cas de Dimitri, qui soigne son addiction à la drogue. « J'étais dans une impasse, complètement coupé du monde C'est une maladie qui éloigne des gens. Ici je retrouve du contact », témoigne le jeune homme.
Une aide permanente
Pour épauler les résidents, des bénévoles de l'association sont présents chaque jour. « Le soutien est important. On est écoutés et on peut être aidés », confirme Sébastien, qui devrait décrocher un contrat dans une entreprise de réinsertion. Trouver un emploi et devenir autonome. Tel est l'objectif de tous les résidents, peu importe le temps que cela prendra. « Il n'y a pas de limite. Mais l'objectif c'est d'en sortir ».