Au fil des jours, la glace a gagné du terrain et la Saône pris des allures de banquise. A tel point que certaines petites écluses comme celle de Rochetaillée ne peuvent plus fonctionner. Près de Perrache, plusieurs péniches ont été prises au piège, freinées ou stoppées dans leurs courses par d'importants icebergs.
Des péniches au ralenti
« Ça fait 35 ans que je n'avais pas vu cela, raconte Philippe Robin, ancien batelier vivant aujourd'hui en famille sur une péniche, amarrée quai Maréchal Joffre (2e). Hier encore, un bateau qui devait rallier le Rhône a eu toutes les difficultés à manœuvrer. Il s'y est pris à deux reprises car il n'arrivait pas à avancer en raison de l'épaisseur de la glace ». La petite famille peu habituée a un hiver aussi rigoureux a dû s'adapter. « On s'est organisé en faisant d'importantes réserves d'eau potable et on vidange les tuyaux tous les jours pour éviter qu'ils ne gèlent. Nous avons 15 °C dans le bateau et 9 °C dans la cabine de pilotage. Alors j'enfile plusieurs pulls pour me réchauffer ».
A l'heure actuelle la décision d'interdire la navigation sur la Saône n'a pas été prise bien que les conditions de circulation deviennent de plus en plus difficiles. Tant qu'il n'y aura pas de redoux, les Voies navigables de France n'envisagent pas non plus d'utiliser de brise-glace, de peur que les plaques ne ressoudent immédiatement après le passage des navires et forment ainsi des blocs encore plus épais.Lire aussi p. 9
La compagnie nationale du Rhône a rappelé l'importance de ne pas s'approcher trop près de l'eau le long des berges du Rhône. Il est également conseillé aux promeneurs de ne pas s'aventurer sur les plaques de glace. « La glace est très fine, elle ne supporterait pas le poids d'un enfant », précise le service communication.