Le renvoi du procès de Denize Soares, vendredi 3 février, après de multiples incidents de procédure, n'a pas fini de faire des vagues dans le milieu judiciaire. En début de semaine dernière, Me Alice Nallet, dénonçant « la politique de terreur de la défense », indiquait son intention de saisir le conseil de l'ordre contre Me Ripert, avocat de l'accusée. « Je l'ai fait, a confirmé hier l'avocate des parties civiles, mais je ne veux pas être le dindon de la farce. Me Ripert m'ayant attaquée, on pourrait m'accuser d'en faire une histoire personnelle. »
Qui prendra ses responsabilités ?
Vendredi, c'était au tour des magistrats de faire entendre leurs voix. Regrettant « l'image déplorable donnée de l'institution judiciaire », le Syndicat de la magistrature et l'Union syndicale des magistrats ont, dans un communiqué commun, « exprimé leur solidarité totale avec les jurés et les magistrats de la cour d'assises et appelé les instances ordinales à mettre rapidement un terme à ces errements. » Une prise de position qui a, précise Raphaël Grandfils (SM), « suscité une réaction hostile du bâtonnier », Me Jean-Yves Balestas. Celui-ci a ainsi affirmé « ne pas vouloir prendre part au lynchage de Me Bernard Ripert dans la précipitation » et doit réunir aujourd'hui un comité des sages. Pour Me Nallet, « tout le monde se renvoie la balle. Les magistrats peuvent très bien prendre leurs responsabilités et saisir le conseil de l'ordre. » Mais, selon une source proche du dossier, « la question importante est de savoir qui va présider le nouveau procès. Yves Jacob souhaitant y retourner, il peut difficilement porter plainte. »
La chambre d'instruction de la cour d'appel rendra sa décision le 21 février au sujet de la demande de remise en liberté de Denize Soares, déposée le 31 janvier par ses avocats. La Brésilienne est détenue depuis plus de quatre ans et demi.