Avec la mort de Whitney Houston, samedi, dans des circonstances encore floues, ce sont des millions d'ex-ados qui se remémorent leur première galoche au son de « I Will Always Love You ». Une chanson mondialement favorite pour accompagner les mariages (et les enterrements). Star interplanétaire comme on n'en fait plus (le Guiness Book la présente comme l'artiste la plus récompensée au monde), Whitney Houston avait hélas perdu depuis longtemps la brillance de son timbre époustouflant. L'ex-« The Voice » enrichissait ainsi régulièrement la rubrique potins avec des cures de désintox et des concerts calamiteux en cascade. Et question génération, pour les ados d'aujourd'hui, son œuvre n'était guère connue qu'à l'occasion de karaokés ou télécrochets.
Trois octaves et un film
Parce qu'elle était la cousine de Dionne Warwick et la filleule d'Aretha Franklin, parce que sa mort fait penser à celles d'Amy Winehouse ou Billie Holiday, Whitney Houston était rangée hier parmi les grandes divas soul et jazz. Nonobstant les trois octaves que couvrait sa voix exceptionnelle, elle n'aura finalement laissé que peu de souvenirs de création musicale. Même son hymne, « I Will Always Love You », n'est pas d'elle mais de la chanteuse de country Dolly Parton, et date de 1974. Son autre fait d'armes, cinématographique celui-ci (diffusé ce soir sur TMC), lui a valu l'adoration d'adolescents des années 1990, qui se pâmèrent devant son idylle avec son Bodyguard Kevin Costner en 1992.
Rihanna, Beyoncé ou Christina Aguilera qui lui ont rendu des hommages polis savent bien, qu'elles ne sont pas de la même génération, de celle qui chante moins bien mais gère mieux ses carrières. Autrement plus touchante, la peine de Mariah Carey pour sa consœur est éloquente. Une génération doit faire son deuil.